Séries

« Legion » : quand Marvel envahit le petit écran… et ne fait plus du Marvel

Ecrit par Koel

Je te vois déjà venir avec tes gros sabots, les gens « Houlala !!! Encore un Marvel !!! ». Et comme je te comprends. J’ai eu le même a priori en lisant le pitch. Mais comme je DÉTESTE les a priori, je me suis lancée dans le visionnage de ce pilote sans chercher à en savoir plus. ET COMME J’AI BIEN FAIT !

Cela étant dit, je ne vais pas compter sur mon éventuelle influence sur le choix des séries que tu décides de regarder, car je sais  que je n’en ai aucune. C’est la raison pour laquelle je vais te présenter cette série de telle façon que ce teasing te rendra dingue d’envie. Pari tenu ?

Pour commencer, la première chose qui frappe le spectateur, lors des premières secondes de l’épisode, c’est que l’on a pas du tout l’impression de regarder une histoire sur les mutants et encore moins un X-men. Tu me diras qu’il en a été de même avec le Daredevil de Netflix via le Marvel Cinematic Universe (MCU). Pas faux…mais non.

Dans cette production signée FX, l’ambiance générale, rappellerait plutôt Orange Mécanique croisé avec Vol Au-Dessus d’un Nid de Coucou, avec un soupçon de Phantom of the Paradise. Id est, un design très 60’s (bâtiments, costumes), avec des prises de vues très Kubrikiennes (importance des différentes perspectives et la libre interprétation), sur un son très Pink Floydien (celui de The Dark Side of the Moon plutôt que celui de The Wall… quoique…). Cependant, tous ces éléments sont intégrés dans un cadre résolument moderne.

Alors, ça va, tu visualises ? Je sens même les prémices d’une excitation encore latente, non ? Si si.

Ensuite, quand on réalise qui joue le rôle titre (alias David Haller, rien de moins que le fils de Charles Xavier, alias Professor X), on reste quelque peu pantois(e). Loin de moi l’idée de te spoiler la surprise mais sache que ce comédien, very british, ici presque méconnaissable (et je ne fais pas référence à son poids… sinon celui qu’il donne à son personnage), se retrouve dans un registre dans lequel on ne l’attendait certainement pas. On l’y sent soit très à l’aise, soit hyper préparé… ou les deux. Son interprétation est totalement au service de la vision très originale qu’a eu le scénariste pour ce mutant, disons-le, assez atypique.

Petite piqûre de rappel : Legion est, un peu à l’image de Magneto, un personnage qui n’est ni vraiment un gentil (c’est-à-dire un x-men), ni vraiment un méchant (c’est-à-dire un mutant qui aurait pas mal de comptes à régler avec les homo-sapiens que nous sommes, aussi appelé « villain »). En même temps, tu ne vas pas pointer du doigt un pauvre schizophrène parce qu’il entend des voix (on n’est pas des monstres… enfin…). Ce n’est pas non plus le genre de mec que tu vas nonchalamment « right slider » sur Tinder, surtout quand tu vois, en arrière plan de sa photo de profil, des couteaux plantés dans les murs de sa chambre, couleur O positif. Il rentrerait plutôt dans la catégorie anti-héros imprévisible, attachant mais inquiétant.

On en est où du titillage ? Toi aussi tu as la mayonnaise qui a commencé à monter en lisant « very british » ? Non ? Je continue alors…pfff…t’es pas un public facile. Et c’est tant mieux.

« Et le reste du casting ? », t’entends-je me dire, avec suffisamment d’enthousiasme pour laisser percer un chouia d’intérêt.

Pas de tête d’affiche et assez peu de têtes connues si ce ne sont deux splendides interprètes féminines, qui ont laissé leurs marques dans Fargo. Mais je ne te dirai pas lesquelles. Non pas pour te donner une nouvelle bonne raison de te lancer dans cette série mais plutôt pour introduire (assez superbement, je l’avoue en toute humilité) le prochain argument.

C’est parti, je sors l’artillerie lourde !

Mais quel est donc ce gros gun que je pointe ? Le réalisateur voyons ! Qui est également le showrunner, le créateur ET le scénariste de ce pilote. Ainsi que de quelques-uns des huit épisodes que comptera cette première saison. Je parle de… roulement de tambours… (oh la garce!)… NOAH HAWLEY !

Gné ?

Je te l’accorde, son nom ne soulève pas encore des montagnes. Surtout quand on sait qu’il a commencé avec Bones (mouais), qu’il est passé par The Following (caca beurk) et le très oublié (et très oubliable) State of Affairs (diarrhéique à souhait). Mais tout cela c’était avant. Oui, avant… Fargo.

Ah AH ! Ca y est ! Je te tiens enfin par les cojones là, non ?

Et oui, les gens pas faciles, celui qui nous a complètement retourné les préjugés (parfois légitimes) sur les séries américaines, devenues plus lisses les unes que les autres et complètement atrophiées côté originalité (à quelques très très rares exceptions près), en nous offrant une adaptation télé d’un des films les plus cultes des frères Coen (rien que ça !) aussi bonne, voire meilleure sur quelques plans, que la version cinéma est aussi le papa de ce potentiel chef d’œuvre qu’est en passe de devenir Legion.

Bref, c’est tout nouveau tout beau. C’est souvent brillant. Et c’est donc très excitant.

Alors, je l’ai gagné mon pari ? Qu’est-ce que tu vas faire maintenant ?

Tu pourrais commencer par dire haut et fort, avec moi : to be continuède…

Bien.

 

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