Chronique Musique

Little Kid deviendra grand

Ecrit par Beachboy

Parfois, la vie d’une chronique ne tient à pas grand chose. Quand j’eus l’info que Little Kid allait sortir un nouvel album fin août, branle bas de combat, panique à bord et commande du dit album aussi sec. Me voilà donc, impatient, haletant, prêt à écourter mes déjà courtes vacances pour vous dire en exclusivité mondiale ou presque tout le bien que je pense de ce Flowers.

Le hic, c’est qu’il y a un hic et que Little Kid est un trio de Toronto et comme le groupe est fort sympathique, il me prévint gentiment que les postiers québecois étaient en grève. Patience donc, puis second mail, bonne nouvelle, fini le conflit. On espère que le postier canadien a obtenu satisfaction mais les négociations ont dû être dures car le disque est venu doucement, doucement, à croire qu’il a fait le voyage lui même à la nage et forcément Toronto-Brest….

little-kid

J‘avoue qu’un mois plus tard j’ai l’air malin, le disque enfin en poche,  vu que, suite à un rapide passage sur leur bandcamp, je m’aperçois que le CD est déjà sold out, certes il reste des cassettes ou des mp3, mais faudrait mieux pas traîner.

Vous vous demandez peut-être pourquoi je m’emballe tant pour un groupe connu surtout de leurs parents et de quelques voisins, mais j’avoue avoir méchamment craqué sur ce trio (Kenny Boothby, Broderick Germain et Paul Vroom) actif depuis 2009 et avec 3 disques au compteur.

Nous sommes quelques uns (pas beaucoup certes mais des gens remarquables au demeurant)  en particulier à avoir décidé que River Of Blood, leur album précédent, n’était ni plus ni moins que le disque de l’année 2013, Flowers pourrait bien en prendre le même chemin.

Little Kid me rappelle ces groupes néo-zélandais qu’on découvrait émerveillés sur le label Flying Nun, un rock indé tout simple tout beau, totalement ignorant de l’air du temps, juste quelques copains cherchant à faire les meilleurs chansons possibles.

Des mélodies fragiles à la Grandaddy ou à la Elliott Smith, une décontraction naturelle et fulgurante à la Pavement ou à la Modest Mouse, quelques explosions soniques, on pense aussi beaucoup à Sufjan Stevens ou Yo La Tengo et cette capacité à passer d’une légère ballade folk (poignant final de The Joke You Told) à un épique morceau de 10 minutes (splendide Missionnary).

Ce groupe reste pour moi un mystère absolu, parce que des chansons comme Nothing That Is Was Never Meant To Be ou It Did Not Happen, on n’en croise pas tous les jours, je connais même des groupes avec de gros contrats qui vendraient pères et mères pour ne serait-ce que quelques secondes d’un Bastard ou d’un Flowers.

Flowers est un magnifique bouquet de fleurs, sincèrement confectionné avec amour et talent, son arrivée sur ma platine fut une aventure, mais qu’il se rassure, il n’est pas prêt de la quitter.

Pour les cassettes lavandes ou  les mp3 « donne ton prix », c’est donc et uniquement là que ça se passe.

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