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« Or, encens et poussière » de Valerio Varesi, un polar philosophique

Mieux vaut tard que jamais ! Valerio Varesi a déjà publié quatre romans avec son personnage récurrent, Soneri, aux éditions Agullo (qui annoncent en 4e de couverture qu’il y a en réalité 15 tomes, de quoi voir venir ! ) quand je me décide enfin à me plonger dans son œuvre.
Pour le coup, ceux qui le connaissent liront avec délectation cette nouvelle aventure. Quant à ceux, qui comme moi, étaient au courant de son existence, sans le lire pour autant, il vous faut vite réparer cette erreur. Car c’est une grave erreur.

Or, encens et poussière est un fantastique roman ! Le côté polar se trouve parfaitement développé. L’enquête est ardue, part dans plusieurs sens, connait des fausses pistes, des échecs.
Déjà on se régale si l’on est amateur de polar. Mais Valerio Varesi, du moins sur ce roman, ce n’est pas que le polar. Les personnages prennent une grande importance. Chacun est développé à la hauteur de leur rôle. Bien sûr, il y a Soneri qui traverse une grande crise. Sa compagne dont il est très amoureux, le met à rude épreuve. Elle a un amant. Elle hésite. Ne sait que faire.
Soneri, lui, s’accroche aux branches. Se dévoue dans son enquête et philosophe avec un vieux noble désargenté qu’il a croisé par hasard et pour lequel il ressent petit à petit une grande amitié.
Les conversations de ces deux-là rythment le roman, lui donnant un petit côté philosophique humaniste plutôt agréable tant la noirceur du propos de Varesi peut nous plomber.

Fréquenter les délinquants te fait comprendre l’humanité. J’en viens même à me dire qu’on ne se rend pas compte à quel point la bassesse fait partie de notre ADN.

Le corps d’une jeune roumaine a été retrouvé, brûlé, pas très loin d’un camp de roms. Les coupables sont donc  tout désignés pour la population et même une partie de la police … De la stigmatisation des roms comme d’autres peuples.
Mais Soneri va mener l’enquête et elle va le mener bien plus loin que ce camp de roms, jusqu’à la grande bourgeoisie parmesane et l’église : or et encens. Et Soneri ne lâche rien. C’est un personnage qui déborde, qui s’interroge et va jusqu’au bout des choses. Un homme qui sait exprimer ses dégoûts. En cela, il est un flic qu’on a très envie de suivre dans le futur.


 

Or, encens et poussière de Valerio Varesi

traduit de l’italien par Florence Rigollet

 

Éditions Agullo,  mai 2020

 

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Valerio Varesi


Image bandeau : JayMantri / Pixabay 

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