Cinéma

The Big Lebowski : Chanson de geste.

Ecrit par Nulladies

Big lebowski

 

“Sometimes there is a man”, hors des vicissitudes

L’œil au risque aguerri, les jambes écartées

De diverses boissons la barbe maculée

Faites place au champion, l’inénarrable Dude.

 

Chômeur invétéré sans réelle doctrine

Ecoutant le Creedence et le chant des baleines

Ce branlos en short ne se foulera pas l’aine

Avant que l’on imbibe son tapis d’urine

 

 

C’est surtout à Walter, son compagnon de boule,

Que l’on doit la ferveur d’une geste grandiose

Où la mauvaise foi, et beaucoup d’ecchymoses

Jalonnent un beau parcours que la lose chamboule.

 

Vétéran grande gueule au regard frapadingue

Intimant à ses ouailles de bien fermer leur gueule

Walter ne parle pas, il éructe et dégueule

Argumentant parfois à l’aide de son flingue.

 

Haro sur ces blaireaux de « fucking amateurs » !

Au jeu des bras cassés on se tire la bourre

On croit faire des doigts que dans l’œil on se fourre

On coupe des orteils, on se file des leurres.

 

Et la ville répand son flot de branquignoles

Producteurs de porno, nihilistes allemands,

Artistes déjantés, trampolineuses nues,

Dans une orgie de cris, de fouine et de torgnoles.

 

Mais c’est par le bowling aux courbes équivoques

Que se déploie ici la vraie mythologie :

Boules saisies par de girondes walkyries

Ou léchées par Jésus le roi de la breloque,

Polies sur la surface de cire miroitante

Elles fusent à grand train vers la béance sombre

Univers onirique, où le gras Dude sombre

Dans une émotion baroque et turgescente

 

De la vie au trépas, du destin et sa meule,

Nos héros sans répit exécutent la danse.

Le Dude malgré lui livre sa descendance

Et quand Donny s’éteint, fâcheuse dissonance

On disperse ses cendres… qu’on se prend dans la gueule.

 

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