Chronique Musique

Vox Low, vox Dei

Vox Low
Vox Low // Marion Barat
Écrit par Ivlo Dark

C’est une fusion électro-rock qui nous aguiche avec ses machines trempées dans l’encre de Chine, une basse rondement mise en avant qui éclabousse des enceintes et donne du relief à cette musique aussi dense que dansante. Il n’y a pas de freinage dans la conduite de Vox Low. Leur dark wave issue des cendres de Think Twice est le reflet d’un esprit punk qui se nourrit d’entraînantes velléités modernes. A la première écoute, j’avais l’impression de voir rebondir le projet des californiens de She Wants Revenge mais mon périple sera géographiquement court car il me suffira de rejoindre Paris et ses faubourgs pour appréhender un premier album, certes sans titre mais non dénué de piquant.

Les alchimistes se nomment Jean-Christophe Couderc (repérable à son chant monocorde venu des catacombes) et Benoit Raymond (affecté au jeu de guitare + basse). A noter que les susnommés se partagent les joies de « triturage » des imposants synthétiseurs. Pour les besoins de la scène, le duo est accompagné par Matthieu Autin et Guillaume Léglise – également crédités sur le disque.

La délivrance a beau être grossière, poussée par un paquet de BPM détonants, l’effet est au rendez-vous avec notamment deux grosses bombes propulsées sans gêne dans la cour des grands miracles. C’est tout d’abord Now, We’re Ready To Spend qui annonce la couleur. Elle est fièrement noire et illustrée par la vidéo décalée de l’inspiré David Vallet. J’ose imaginer que depuis sa sortie, les salles de fitness auront troqué leurs habituelles sonos putassières pour ce type de transpirations bien plus caustiques et terriblement recommandées pour l’affinement de la silhouette.

C’est ensuite Something Is Wrong qui fera figure de grosse artillerie avec sa découpe tranchée, ses effets qui sentent la rouille d’un club mal famé mais néanmoins blindé de convives adeptes de plaisirs coupables. Les claquements sont gigantesques et la déconcertante exécution est une petite mort même pas honteuse. Ici, de la production à l’audition, on assume pleinement l’orgie.

Pour autant, Vox Low n’oublie pas d’aiguiser ses guitares comme des couteaux prêts pour en découdre dans un bain de sang. A ce titre, l’album qui se présente à nous pourrait bien réconcilier (s’il y avait besoin de le faire) mes amis corbeaux avec d’énergiques nightclubbers.

La seconde partie est plus voilée, moins évidente au premier abord, moins nerveuse sans doute mais tout aussi imprégnée de fêlures rocailleuses. Trapped On The Moon sonne alors comme un chant condensé de rock climatique avec ses effets psychédéliques cauchemardesques qui semblent exhumés d’un tombeau.

Il n’y a pas de garde-fous à l’écoute de ces élans krautrock aux armes assassines, aux conjugaisons multi-cartes, sombres et remuantes à la fois mais surtout infiniment efficaces. Il ne reste plus qu’à convaincre le bon peuple de s’y engouffrer sans relâche avant de s’y perdre en masse. Question prosélytisme de la chose, j’assume complètement !

Album dans toutes les bonne échoppes depuis le 2/02/2018

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