Chroniques Musique

Wax Chattels, un groupe sanguin !

La musique néo-zélandaise a depuis de nombreuses années cette particularité de réussir à échapper à toute influence extérieure et nous parvient à l’autre bout du monde comme vierge de toute influence, aussi familière que singulière.

C’est particulièrement vrai pour son versant pop-rock symbolisé par les groupes du légendaire Flying Nun Records, ce l’est tout autant pour son versant plus expérimental et bruitiste à la  The Dead C.

Je vous fais confiance pour trouver moult contre-exemples, mais je n’en démordrai pas, l’époustouflant Clot du trio Wax Chattels venant confirmer, puissance mille, mes propos !

Wax Chattels

La pochette et le titre de l’album (Clot : caillot !) l’annoncent  sans détour, Wax Chattels n’est pas un groupe charmant !

Nous l’avions déjà écrit à l’occasion de la sortie de leur premier album, le groupe originaire d’Auckland se distingue par l’absence de guitares et s’est fait une réputation assez exceptionnelle à coups de concerts cataclysmiques.

Le « guitarless guitare music » trio composé de  Peter Ruddell (voix et synthés), Amanda Cheng (basse et voix) et de l’impressionnant batteur Tom Leggett remet donc le couvert avec 12 titres composés sur la route lors de leurs interminables tournées. 12 nouvelles bombes confiées par la suite aux oreilles et mains expertes de James Goldsmith, ingénieur du son pour Aldous Harding et Ben Greenberg, roi du mixage et chef bruitiste (Destruction Unit, The Men).

Le premier disque sans nom sorti en 2018 était déjà impressionnant, mais avec ce Clot, le groupe va encore plus loin dans sa radicalité et plonge avec délectation dans ce qu’il y a de plus sombre en nous.

On s’embarque pour 37 minutes en apnée. Aucun moment de répit ne nous sera autorisé. On comptait sur la voix d’Amanda pour nous offrir quelques moments de douceur mais elle se révèle tout aussi énervée que son compère Peter, surtout quand ils partagent le micro comme sur l’ultra-efficace Efficiency. Les moments de calme soupçonnés au début de Forever Marred ne dureront quelques secondes avant de repartir dans un tourbillon sonique et des vocaux rageurs !

La tension va même crescendo et les compositions se durcissent peu à peu jusqu’à L’étouffant You Were Right. En effet, si Spanners & Implements ou No Ties trouvent un bel équilibre entre post punk survolté et math rock déstructuré, Clot plonge dans l’abîme et s’enfonce dans un noise rock des plus malsains à l’instar de Yokohama ou An Eye.

Clot est un disque qui se mérite et qui ne peut laisser indifférent. Wax Chattels, porté par la batterie phénoménale de Tom Leggett, nous offre là un des plus puissants disques de l’année. À écouter très très fort !


 

Clot de Wax Chattels

 

Captured Tracks/Modulor – 25 septembre 2020

 

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Image bandeau : Ebru Yildiz

 

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