Éphéméride

8 juillet : 1951, naissance d’Anjelica Huston

Anjelica Huston

Fille du célèbre réalisateur et acteur, Anjelica Huston commença sa carrière sous la caméra de son père et sera encore là pour le dernier film de ce dernier. Pour autant, cette carrière de 52 ans est aussi d’une grande diversité. Auprès de cinéastes de premier plan, la Californienne tourna tant pour le cinéma de divertissement que pour celui de grands auteurs ainsi que pour la scène indépendante.

Sa première apparition notable au cinéma fut dans le méconnu film de John Huston, Promenade avec l’amour et la mort (1969). Un curieux road-movie sentimental dans la campagne française sur fond de Guerre de Cent Ans. Si la relation fut houleuse avec son père lors du tournage et que le film fut froidement accueilli par la critique, sa carrière décolla finalement une décennie plus tard avec Le facteur sonne toujours deux fois (1981) et surtout L’Honneur des Prizzi (1985). De nouveau dirigé par son père, elle incarne ici Maerose Prizzi, petite-fille reniée d’un chef mafieux et ancien amour d’un tueur à gages joué par Jack Nicholson. Volant la vedette au reste de la distribution à chacune de ses apparitions, elle remporta l’Oscar de la meilleure actrice dans un second rôle.

En 1987, elle joua une dernière fois pour son père dans son film testamentaire, Gens de Dublin (The Dead), une adaptation d’une nouvelle de James Joyce. Dans cette lettre d’amour à l’Irlande natale de son père, elle incarne Gretta qui, à l’occasion d’un dîner familial et chaleureux pour l’Épiphanie, voit resurgir le souvenir d’un amour d’enfance oublié.

En 1989, elle entame une collaboration avec Woody Allen et son Crimes et délits où elle incarne une hôtesse solitaire qui projette de révéler sa relation adultérine avec le personnage de Martin Landau à l’épouse de ce dernier, jouée par Claire Bloom. Elle apparaît ensuite dans Meurtre mystérieux à Manhattan du même cinéaste en 1993. Dans cette comédie policière sous influence hitchcockienne, elle joue une écrivaine flambeuse qui vient en aide au couple d’apprentis enquêteurs interprété par Woody Allen et Diane Keaton.

En 1990, elle poursuit dans la veine des personnages interlopes avec Les Arnaqueurs (The Grifters) de Stephen Frears où elle confrontée à la petite-amie de son fils incarnée par Annette Bening. Anjelica Huston fait la même année une incursion dans le cinéma fantastique avec Les Sorcières de Nicolas Roeg. Adaptation d’un roman de Roald Dahl, l’auteur de Charlie et la chocolaterie, elle est ici la Grand High Witch qui a pour ambition de se débarrasser de tous les enfants d’Angleterre en empoisonnant les magasins de confiserie du pays.

Un rôle qui préfigure celui pour lequel elle est encore largement le plus connu aujourd’hui : celui de Morticia Adams dans les deux volets de La Famille Addams de Barry Sonnenfeld. Particulièrement convaincante dans ce rôle volontairement caricatural de vamp suave, son alchimie avec son époux, Gomez Adams, interprété par Raul Julia est aussi tout à fait savoureuse.

En 1998, elle jouait aussi pour le cinéma indépendant avec le premier long-métrage de Vincent Gallo, Buffalo ’66. Elle y tenait un énième personnage de mère, mais cette fois-ci carrément ingrate et plus intéressée par le football américain que par l’éducation de son propre fils. Parallèlement durant les années 1990, elle réalise deux films dont Agnes Browne, en 1999, où elle est une mère esseulée dans le Dublin des années 1960.

À partir des années 2000, sa carrière se fait plus discrète, comme c’est malheureusement bien souvent le cas pour les actrices de cinéma passé un certain âge. Elle prête alors souvent sa voix pour d’obscurs films d’animation et d’autres plus célèbres comme ceux de Wes Anderson. Déjà en 2001, elle jouait la maman Tenenbaum dans La Famille Tenenbaum du célèbre réalisateur.

Maman iconique du cinéma américain des trente dernières années, elle reste aussi une spécialiste des personnages sombres et amoraux, à l’image de son dernier rôle dans le tout récent John Wick Parabellum.

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