Un père tyrannique et une mère silencieuse, apeurée donnent un enfant malheureux.
M. Merliot, constructeur d’armes est ruiné par l’armistice. Il emmène sa femme et son fils se réfugier dans la maison de campagne de la grand-mère. La forêt est proche. Légendaire quasiment. Des bruits étranges résonnent chaque nuit. Le village a l’habitude. Mais pas le fils Merliot. Intrépide, il se lance à la découverte de cette forêt mystérieuse et d’une nature énigmatique. Il y rencontrera un épouvantail parlant qui l’entraînera dans des aventures extraordinaires. Pourtant au fil des pages et des constructions d’une ville pour cet épouvantail et les siens, le petit garçon sera amené à commettre des actes malveillants.

Il est pourtant mis en garde plusieurs fois par un promeneur avec qui il se lie d’amitié. Petites pauses bienvenues pour lui qui qui a fini par se mettre à dos les villageois.

À mesure que l’histoire avance, les couleurs se font plus sombres. Le regard de notre jeune héros aussi. La colère de son père plus forte et l’absence de sa mère impitoyable. Tout est réuni pour que des drames se produisent.

Quatrième album déjà de Sylvain Escallon chez Sarbacane, ce Saperlache évoque à la fois Sa majesté des mouches ou un Robinson Crusoé très instable mentalement.
Personnellement il me ramène au terrifiant et mythique Alinoé de la série Thorgal, grande terreur et plaisir d’enfance. Gageons d’ailleurs que ce Saperlache peut devenir le pendant moderne d’Alinoé pour les nouveaux lecteurs.

Le twist final, révélation qu’on ne sent pas forcément venir, nous laisse pantois et admiratif devant le magnifique travail de l’auteur et nous incite à relire l’album très vite à l’aune de cette révélation.



