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Beirut Bloody Beirut : le Liban sang concession

Un road movie à travers la banlieue libanaise… Un périple en taxi vécu par deux jeunes femmes, dont la volonté d’émancipation va épouser un monde de violence. Beirut Bloody Beirut est un voyage percutant signé Tracy Chahwan chez Marabulles, la collection BD des éditions Marabout.

Beirut

Le trait est aussi noir que la couleur de la plupart des scènes de vie nocturnes que vont traverser Ramona et Lio au fil de leurs aventures inattendues. Expressif, simple et puissant, ce coup de crayon rageur sert le portrait sans concession d’une jeunesse libanaise à la dérive.

Avide de sensations fortes et douée pour la fête, celle-ci pourrait ressembler à n’importe quelle autre jeunesse actuelle. A la différence que Beirut a trop souvent vécu au rythme de la guerre, des attentats et des luttes intestines entre factions rivales, pour offrir à ses générations montantes de s’en sortir indemnes.

Alors, Tracy Chahwan, née au Liban en 1992 – et dont cette BD constitue le projet initial de Master à l’Académie libanaise des beaux-arts – n’y va pas par quatre chemins. Dans une capitale en mal de vivre, où la violence est devenue la norme, Ramona et Lio vont se retrouver dans la banlieue Sud musulmane des Forces libanaise puis dans la banlieue Est bastion des forces libanaises avant de fricoter avec une bande de mafieux sur les toits d’un building…

L’alcool, les bonbons aux effets surpuissants et les rencontres aidant, les jeunes femmes vont en voir de toutes les couleurs. Nous aussi, malgré le noir et blanc qui habille les 50 pages de l’ouvrage, qui tentons de les suivre dans leurs pérégrinations et le dédale de leurs délires. Ce qui tient parfois du parcours du combattant, puisqu’on passe d’une belle baston à un joyeux bordel, d’un dîner en famille à une sortie chaotique, d’une rencontre électrique à un règlement de compte sanglant.

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De ce point de vue, on n’a pas trop le temps de réfléchir ! Ça part à vitesse grand V et tant pis si l’image n’est pas toujours raccord avec le son. L’écriture est libre. Les scènes s’enchaînent. On perd le fil parfois. C’est la marque de fabrique de la BD. Une manière expressive et sans concession de raconter et d’illustrer Beirut aux temps modernes de sa jeunesse actuelle. Dans le genre « bloody » !

Beirut Bloody Beirut de Tracy Chahwan

Marabulles, 28 février 2018

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