
BIG BRAVE
In Grief Or In Hope
Thrill Jockey
12 juin 2026
les canadiens de Big Brave (on écrit BIG|BRAVE maintenant) sont comme à la maison chez Addict-Culture, défendu avec passion par l’ami Jism, avec son talent habituel, d’Au De La à A Chaos of Flowers, en passant par Ardor et Vital. Je prends le relai en toute modestie, étant bien moins spécialiste du drone-metal post rock du trio montréalais et berlinois, à l’occasion de la sortie de leur 10ème disque, In Grief Or In Hope, qui est très, très, très bien.
Comme souvent chez Big Brave, ce nouvel album apporte son lot de nouveautés, à commencer par la composition du groupe, puisque l’on retrouve Liam Andrews (MY DISCO, Clann Zú, Eros) à la basse pour épauler les 2 membres historiques Robin Wattie et Mat Ball. La batteuse Tasy Hudson n’est plus là, ce qui a pour étonnante conséquence l’absence de batterie, la section rythmique étant exclusivement confiée à la basse, alors que les synthés et guitares rivalisent de puissance ténébreuse.
En effet, il fait toujours aussi sombre chez Big Brave, le chagrin semble dominer l’espoir, le disque tournant ainsi autour de la perte, le deuil et autres joyeusetés. il suffit de s’envoyer le phénoménal What May Be The Kindest Way To Leave dans les oreilles pour comprendre que le trio, reprenant par ailleurs ici des textes issus d’Au De La, poursuit dans ce chaos sonore, tel un rouleau-compresseur majestueux
De même, Big Brave fait un retour en arrière avec Verdure, clin d’œil appuyé à Feral Verdure, leur toute première œuvre parue en 2014 comme si le groupe, avec ce 10ème album (on inclut Leaving None But Small Birds, leur collaboration avec The Body en 2021), faisait à la fois un bilan du temps passé et ouvrait un nouveau chapitre d’un avenir incertain.
Guitares abrasives, drone implacable, A Shape Of Shame ou An Uttering of Antipathy glacent le sang, Skin Ripper nous plonge dans l’effroi, même l’instrumental et plus apaisé Holding Tongue charrie son lot de frissons et de tristesses. Par dessus cette lame de fond sonore, surgit la voix exceptionnelle de Robin Wattie, pièce majeure de l’univers Big Brave, par sa capacité à émouvoir et à humaniser l’écrasante secousse du drone doom metal de Big Brave.
Comme souvent chez les canadiens, In Grief Or In Hope ne se laisse pas amadouer si facilement mais dès lors qu’on ose se laisser embarquer, on se laisse envouter par la magie sombre de Big Brave.



