
White Denim
13
Bella Union
24 Avril 2026
Depuis Austin, White Denim émet régulièrement des ondes, même éparses, et celles-ci oscillent selon plusieurs fréquences, renforçant la capacité du groupe à toujours brouiller les pistes. Mené par l’intarissable Michael Hunter, le collectif poursuit un itinéraire délivré des impératifs de l’actualité, les membres originaux du groupe parviennent encore à se distinguer dans le foisonnement des productions musicales, charriant derrière eux, un cortège de trouvailles sonores, promptes à surprendre même au delà de leur territoire, un parterre de fans dispersés aux quatre coins du monde.
Résumer la discographie de White Denim, nécessite un détour auprès de l’album Stiff sorti en 2016 : dans ce disque dantesque sont concentrés les ingrédients qui ont contribué au delà de la longévité du groupe, à ses différentes facettes, étant capable d’aborder n’importe quel genre musical. Néanmoins, il s’avère aussi nécessaire de réécouter It’s Him! extrait de l’album D de 2011 pour avoir une idée des multiples identités du combo Américain explorant un psychédélisme complexe, mélodieux. Aborder White Denim par la figure du labyrinthe, non comme une visite guidée mais par les nombreuses ramifications infinies offrant de multiples lectures, permet de voyager dans l’Espace-Temps, la distance en est ainsi réduite, c’est ce que propose le sublime et introductif (God Created) Lock and Key, en un LoFi tout simplement efficace. L’ouverture secrète d’un cadenas par l’intermédiaire d’une clé magique.
Même si aux Etats-Unis, la superstition prévaut sur le nombre d’étages des buildings, ou sur les croyances religieuses, cet album estampillé du chiffre 13 est une sorte d’odyssée spatiale dans laquelle White Denim s’exprime librement, le titre Hired Hand #2 est réhaussé d’une exécution presque traditionnelle, laissant ensuite le groove caractéristique du groupe s’installer. Mieux qu’une machine à remonter le temps, White Denim voyage à la vitesse du son qu’il créé, propulsé par une énergie en constant renouvelement. Preuve que la composition ne procède pas d’une seule formule, mais de plusieurs compartiments, qui une fois remodelés, aboutissent à Keep Me calling me Baby, amalgame électro ou au très soul Matchbook Baby ( en duo avec la chanteuse Jessie Payo dont le répertoire emprunte à l’Americana ), puis vers une pop ficelée de claviers onctueux. Au final, White Denim est l’auteur d’une oeuvre enthousiaste qui fait cruellement défaut en ces temps troublés.



