
Julia Holter
Materia
Domino Recording Co.
21 Août 2026
Très court (7 titres et moins de 35 minutes), Materia n’est pas tout à fait un nouvel album pour Julia Holter mais une suite ou extension de son magnifique Something In The Room She Moves paru en 2024, l’album devait d’ailleurs s’appeler Materia à l’origine. Néanmoins, comme tout ce que fait l’artiste du Milwaukee aujourd’hui installée à Los Angeles, ce nouveau disque, en parfait compagnon de son prédécesseur, est tout simplement indispensable.
Entourée de ses collaborateurs habituels, Elizabeth Goodfellow, Maia alias Sonjia Hubert Harper, Devin Hoff ou bien encore Chris Speed, Julia Holter donne ainsi deux nouvelles versions de Materia, déjà présent sur son disque précédent qu’elle complète avec 5 nouvelles pièces, déjà travaillées lors des sessions d’enregistrement de Something In The Room She Moves ou issues d’improvisations nées de la tournée qui en suivit.
Alors que dans sa version originale, Materia était une chanson douce et minimaliste, elle se voit complètement transformée ici; Materia 2 accueille la voix de Jessica Kenney et se couvre d’effets, donnant une version plus rythmée, synthétique et minérale, Julia Holter allant même jusqu’à changer les paroles. À l’inverse, Materia 3 est encore plus dépouillée à l’étrange tonalité, comme si elle passait au ralenti.
Les autres morceaux, loin d’être des chutes de studios, sont tout aussi excellents, l’entrainant The Laugh Is In His Eyes aurait eu sa place sur l’excellent Have You In The Wilderness, avec ses jolies arabesques à la clarinette. My Lost One et Fantasy sont tout simplement sublimes, construits sur le même schéma : une introduction tout en légèreté, avant de virevolter dans tous les sens, comme portés par des synthés angéliques, alors que saxophone, piano et batterie se mêlent à la fête.
Un court Clepsydra sous influence Laurie Anderson et un étonnant et long My Twin, mélangeant expérimentations et improvisations complètent ce très beau Materia, nouvelle confirmation du talent unique de Julia Holter, encore au sommet de son art sur ce petit bijou d’ambient pop.



