Chronique Musique

Mehdi Zannad architecte Pop

A l’occasion de la sortie digitale et vinyle de la bande originale de L’Architecte de Saint Gaudens composée par Mehdi Zannad, on a eu la subite envie de se replonger dans l’œuvre de notre petit génie nancéien et d’en toucher quelques mots avant d’en venir à son actualité du moment.

Mehdi zannad

Mehdi Zannad était tout désigné pour composer cette bande originale, lui-même ayant mené des études d’architecture avec succès à Nancy. Né en Lorraine en 1971, il s’est depuis installé en région parisienne  où il se partage toujours entre dessin et aménagement.

Ma première rencontre musicale avec lui eut lieu en 2001 avec la sortie de LP1 sous le nom de Fugu. Écrit pendant son service militaire en Roumanie, l’album fut une véritable claque pour les rares personnes qui le découvrirent. En effet malgré une presse dithyrambique et le soutien de gens comme Katerine, Laetitia Sadier ou Sean O’Hagan, l’album passa quelque peu inaperçu.

C’est vrai qu’un jeune musicien français qui cherche à marcher sur les traces de Left Banke, des Beach Boys ou autres Zombies, ça pouvait laisser perplexe voire faire fuir le chaland, surtout que le jeune homme compliquait les choses en donnant des impossibles à ses petites merveilles pop (Clavipluck, Tsimbalon, j’en passe et des meilleurs). Pourtant superbement soutenus par Chris CunninghamJérôme Didelot ou encore Alexandre Longo (Cascadeur), l’album enfilait les perles comme jamais dans notre frileux pays.

Sorti à l’origine chez Ici D’Ailleurs, le disque s’est refait une beauté entre les mains expertes de Tony Lash, qu’on a déjà croisé sur le génial premier album de Cardinal pour une ressortie en 2014 chez les copains caennais de WeWant2Wecord.

fugu

L’aventure de Fugu se poursuivit en 2005 avec la sortie d’As Found cette fois-ci chez Third Sides Record, toujours aussi riche en harmonies vocales et chœurs célestes, McCartney et Brian Wilson se découvrent un fils caché en Lorraine, cette fois-ci  bien aidé par Tahiti 80.

Ce second album est plus dense et direct, la power-pop du début des années 70 n’est pas très loin, le soleil brille et on chante à tue-tête ces tubes imparables que sont Black Wall, Civil Rights ou Straight From The Heart.

Ainsi se termina en beauté Fugu avant que Mehdi Zannad reprît son nom pour poursuivre son travail sous son propre nom. Sort ainsi Fugue en 2011, où il abandonne le chant en anglais mais pas la sunshine-pop, cette fois-ci en lorgnant du côté de Polnareff et Christophe.

Il commence également à bosser pour le cinéma et en particulier Serge Bozon et son film La France.

L’évocation du réalisateur de Mods ou Tip Top nous ramène à cet Architecte de Saint Gaudens, puisqu’il en est le réalisateur, avec la chorégraphe Julie Desprairies. Le film est un court-métrage à la fois documentaire et comédie musicale autour d’un architecte chantant et de ses réalisations dans cette bonne ville de Saint Gaudens.

Autant l’avouer tout de suite, je n’ai pas vu le film, je crois bien même n’avoir jamais mis les pieds dans le coin, faut me comprendre, j’ai déjà trop chaud dès que je dépasse Quimper, mais promis, dès que j’ai le temps, je fais les 2 !

Par contre, j’ai pu écouter la bande originale du film et ça fait un bien fou de retrouver notre petit génie pour 5 titres seulement certes, mais 5 titres de haute volée entre electropop, comédie à la française et power-pop. C’est dingue, drôle et superbement composé, à nous faire croire qu’en s’y mettant tous ensemble, on peut marcher sur les traces de nos héros des 60’s.

L’Architecte de Saint Gaudens est disponible chez Entreprise depuis le 28 avril.

Pour tout savoir sur Mehdi Zannad

Photo bandeau : Mathieu Zazzo

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