Littérature Etrangère

« Mo a dit » de James Kelman

Je ne lis que rarement la quatrième de couverture, de peur d’en apprendre trop sur le livre.

Une fois la lecture de Mo a dit terminée, je l’ai regardée et, ô surprise, j’ai trouvé que, pour une fois, c’était intéressant. Que ça pouvait donner envie de se plonger dans l’œuvre.

J’avais chroniqué (ici) le roman précédent de l’auteur Si tard, il était si tard, que j’avais beaucoup aimé et avais donc hâte de lire ce Mo a dit. Le style de James Kelman, particulier, ne m’a pas rebuté la première fois. Ni cette fois-ci. À nouveau, un bloc texte. Pas de chapitre. De longs, très longs morceaux de textes avec parfois une respiration (un saut de 2 ou 3 lignes, pas plus) avant de repartir pour un long moment.

Côté narration, Kelman propose les pensées de son héroïne, traduite sous la forme d’un « elle » quasi permanent ou d’un « Helen » (prénom de la femme que nous suivons).

« C’est arrivé alors qu’elle rentrait du casino un matin, Helen a remarqué les deux hommes à travers la vitre du côté passager. »

Parfois, c’est le compagnon d’Helen, Mo, un jeune pakistanais, dont nous lisons les pensées. Kelman agrémente son récit de quelques dialogues, d’ailleurs bienvenus, tant le reste pourrait sembler aride.

Les pensées d’une jeune femme mère d’une fillette de 6 ans, séparée du père de celle-ci, en couple avec un pakistanais dans un Londres cosmopolite : je vous assure que ça part dans tous les sens !

C’est là toute l’originalité de Mo a dit : entendre le quotidien de cette jeune femme, sans aucune censure. Entendre ses sentiments amoureux, ses regrets, sa famille, son enfance d’abord. Puis des choses plus frivoles. Ses inquiétudes, comme son sommeil qui la fuit. Le racisme de Londres, les différences avec Glasgow.

C’est parfois drôle, parfois tragique et souvent pertinent. Et surtout, c’est d’une humanité qui prend aux tripes.
Un grand roman qui confirme que James Kelman est un romancier singulier, une voix extrêmement originale dans la littérature actuelle.

Mo a dit de James Kelman

traduit de l’anglais (Écosse) par Céline Schwaller, éditions Métailié, septembre 2017.

 

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