Les prix littéraires

Prix Libr’à Nous 2019 : la soirée de remise des prix

Les lauréats du prix Libr'à Nous 2019
Ecrit par Velda

C’est jeudi 14 février qu’étaient remis les Prix Libr’à Nous 2019. La parole était donc aux 285 libraires francophones ayant voté pour leurs coups de cœur de l’année… Deux cent quatre-vingt-cinq votants, une belle performance pour les organisatrices du prix. Rappelons-nous qu’il y a cinq ans, pour le premier Prix Libr’à Nous 2015, c’étaient 160 libraires qui s’étaient engagés : belle progression ! Pour lancer la cérémonie, Valérie Caffier a tenu à remercier toute l’équipe de l’organisation, les libraires votants, les éditeurs et les auteurs, et a insisté sur le rôle des traducteurs sans lesquels nous serions privés de la littérature d’ailleurs. Elle a également exprimé sa gratitude à la Croix Rouge de Montrouge, qui accueillait cette année la cérémonie.

Catégorie Imaginaire

Nominés  :
American Elsewhere de Robert Jackson Bennett, traduit de l’anglais par Laurent Philibert-Caillat, Albin Michel
Le chant du coucou de Frances Hardinge, traduit de l’anglais par Philippe Couton, L’Atalante

Le gagnant :

Patrick K. Dewdney, L’enfant de lumière
le Diable Vauvert

C’est Sébastien Wespiser, représentant Agullo éditions, lauréate de l’année dernière, qui a remis le prix à Patrick K. Dewdney.

Patrick K. Dewdney: « Je suis très conscient de la part considérable qu’ont prise les libraires dans le succès de ce livre. Ils m’ont soutenu depuis mes  » presque » débuts. Merci pour le prix bien sûr, mais aussi pour tout votre travail. »

Marion Mazauric, Le Diable Vauvert
« J’ai eu immédiatement un grand enthousiasme pour ce livre; mais j’ai aussi été persuadée qu’il trouverait ses lecteurs. Nous avons travaillé pour ce succès : ce roman jeunesse a été, entre autres, découvert au Salon de Montreuil, il a été nominé pour d’autres prix importants. C’est une belle histoire, avec un auteur d’une belle humilité, une histoire qui va durer : 7 volume, 15 ans ensemble probablement! Merci à Patrick, merci aux libraires sans lesquels tous ces jeunes lecteurs, et les moins jeunes, ne seraient pas entrés dans ce texte avec une telle passion. »

Patrick K. Dewdney, Valérie Caffier, Marion Mazauric et Sébastien Wespiser

Catégorie Bande dessinée

 

Nominés : Bergères guerrières t2 de Jonathan Garnier et Amélie Flechais, Glénat
L’âge d’or T1 de Cyril Pedrosa et Roxane Moreil Dupuis

La gagnante :

Emil Ferris, Moi ce que j’aime, c’est les monstres,
éditions Monsieur Toussaint Louverture,traduit de l’anglais par Jean-Charles Khalifa

C’est Delphine Eledjam-Cambet qui a remis son prix à l’éditrice de la lauréate, qui a remercié le jury en ces termes : « J’aurais adoré qu’Emil Ferris soit là ce soir, mais elle est à Chicago. Si elle avait été là, elle aurait probablement demandé à chacun son prénom, et nous aurions passé deux heures à discuter des prénoms français. Donc finalement… je vais aller droit au but et lire le message qu’elle nous a adressé : « Merci aux membres du jury du Prix Libr’à Nous de me faire cet immense honneur, Je suis très heureuse de recevoir ce prix, et désolée de ne pas pouvoir être avec vous ce soir. Je suis de retour chez moi, près de Chicago, où la glace a figé des quartiers entiers. Un temps à vous faire regretter Angoulême en hiver ! Même si je suis enthousiaste à l’idée de voir apparaître à ma fenêtre un bonhomme de neige anthropophage. Quoi qu’il en soit, merci. La France m’a accueillie à bras ouverts, moi, la plus vieille des jeunes auteurs. Et je sais que vous y êtes pour beaucoup, vous libraires, dans un pays où un livre ne peut pas être vendu au rabais, et où il y a le double de librairies que dans mon pays… Je ne sais pas si je dois me réjouir pour vous ou pleurer pour les Etats-Unis. Une dernière fois, merci du plus profond de mon cœur de monstre pour ce prix. J’espère avoir le plaisir de vous rencontrer tous lors de mon prochain passage en France. »

Catégorie Polar

Les nominés : La guerre est une ruse de Frédéric Paulin, éditions Agullo 
Les ombres de Montelupo de Valerio Varesi, traduit de l’italien par Sarah Amrani, éditions Agullo

Le gagnant :

Benjamin Whitmer, Évasion
traduit par Jacques Mailhos, Gallmeister éditions

Valérie Caffier a remis le prix Polar et laissé la parole à Jacques Mailhos, le traducteur, et à Oliver Gallmeister, l’éditeur.

Jacques Mailhos : Les traducteurs sont habitués à travailler un peu cachés, « under cover ». Je suis très heureux pour Benjamin Whitmer, et flatté pour moi-même, car cette récompense montre reconnaît notre travail de passeur. C’est le troisième roman de Benjamin Whitmer que je traduis, c’est un privilège rare pour un traducteur que de travailler sur des textes comme ceux-là. C’est un travail incroyablement riche, difficile aussi, car la langue de Benjamin est brutale, forte; mais elle fonctionne aussi avec une précision de dentellière. Je suis très heureux pour Benjamin, qui est un gars formidable, et pour les éditions Gallmeister. Merci beaucoup.

Oliver Gallmeister : Je suis très heureux que Jacques soit là : il accompagne la maison depuis 15 ans, et il est pour beaucoup dans le succès des romans de Benjamin Whitmer. Le Prix Libr’à Nous est un véritable prix de lecteurs : les libraires sont de gros lecteurs, des lecteurs exigeants, même s’ils sont parfois un peu retors ! Mais cela donne d’autant plus de valeur à ce prix. Sans les librairies, nous ne serions pas là. Je suis particulièrement heureux pour Benjamin Whitmer, car outre le fait qu’il est un ami et une personne formidable, je pense que c’est un auteur très important dans le roman noir américain, qui laissera sa marque. Benjamin lui-même nous a confié à quel point il est touché par ce prix. Il est venu en France deux fois, et il a eu la chance de rencontrer pas mal de libraires. Il a été très impressionné par ce qu’est la librairie en France, car comme vous le savez, la librairie aux Etats-Unis, ça n’est vraiment pas ça… C’est d’autant plus important que Benjamin Whitmer, pour Évasion, n’a pas d’éditeur américain. Merci d’avoir aidé Benjamin Whitmer à sortir de « la zone »…

Jacques Mailhos, Valérie Caffier et Oliver Gallmeister

Catégorie Album jeunesse

 

Les nominés : A travers de Tom Haugomat, Thierry Magnier
J’en rêvais depuis longtemps d’Olivier Tallec, Actes Sud Junior

La gagnante :

Delphine Perret, Une super histoire de cow-boy,
Les fourmis rouges

C’est Gilles Bachelet, lauréat 2018, qui s’est fait un plaisir de remettre le prix 2019 à la représentante de  l’éditeur les Fourmis Rouges. L’auteure Delphine Perret avait envoyé un message de remerciements : « Merci beaucoup, j’aurais bien envoyé le cow boy faire un discours, mais il était en panne de cheval. Je suis heureuse et flattée que ce petit malfrat de la jungle du Far West ait rassemblé vos suffrages, heureuse d’avoir la preuve que les moyens les plus simples ne sont pas perçus comme simplistes. Heureuse que celui qui lit, qu’on imagine lointain, est bien là. Cela signifie que vraiment, le livre continue à être un petit objet bizarre qui permet de partager, de créer une connivence alors qu’on n’est même pas là. C’est un peu un super-pouvoir. Merci pour votre créativité de lecteur, merci aux libraires pour ce prix. »

Catégorie Littérature jeunesse

Les nominés : Cœur battant de Axl Cendres, Sarbacane
Le célèbre catalogue Walker & Dawn de Davide Morosinotto, traduit par Marc Lesage Ecole des Loisirs

La gagnante :

Angie Thomas, The Hate You Give
Nathan Jeunesse, traduit par Nathalie Bru

« C’est une immense joie pour nous de recevoir ce prix. C’est le premier livre de cette auteure, elle n’est jamais venue en France et n’a donc pas pu se rendre compte de ce que c’était que la librairie dans notre pays. On ne désespère pas de la faire venir. Son message est : « J’écris pour les oubliés de la littérature. » Savoir que autant de libraires francophones ont porté ce livre est très important pour nous tous. La traductrice Nathalie Bru a effectué un travail formidable sur ce texte. Merci à vous. »

L’équipe de Nathan Jeunesse

Catégorie Littérature étrangère

Les nominés : Dans les angles morts de Elizabeth Brundage, traduit de l’anglais par Cécile Arnaud, Editions de la Table Ronde – Quai Voltaire
Manuel de survie à l’usage des jeunes filles de Mick Kitson, traduit de l’anglais par Céline Schwaller, Métailié
Une vie comme les autres de Hanya Yanagihara, traduit de l’anglais par Emmanuelle Ertel, Buchet Chastel.

Le gagnant :

Gabriel Tallent, My Absolute Darling
Gallmeister, traduit par Laura Derajinski

C’est Sonia Petit qui a remis le prix à un Oliver Gallmeister ravi…

Oliver Gallmeister : « Je suis très heureux de recevoir ce prix pour Gabriel Tallent. J’ai déjà insisté sur l’importance de la librairie et de la France pour les auteurs américains. My Absolute Darling est un des plus gros succès de notre maison d’édition. C’est un livre qui s’est beaucoup plus vendu en France qu’aux Etats-Unis, un pays sept fois plus grand. Quand on parle de l’importance de la librairie en France, ça n’est pas un symbole, mais une réalité. Cela change la vie des auteurs. L’un des charmes de nos métiers d’éditeurs et de libraires, c’est de pouvoir travailler ensemble pour créer des succès pour des livres inattendus, ce qui est le cas de My Absolute Darling, qui n’est pas un livre facile. Merci à vous… et merci à mon équipe. »

Oliver Gallmeister, Valérie Caffier et Sonia Petit

Catégorie Littérature francophone

Les nominés : Ça raconte Sarah de Pauline Delabroy-Allard Les éditions de Minuit
La vraie vie d’Adeline Dieudonné, L’Iconoclaste

Le gagnant :

Christian Guay-Poliquin,Le poids de la neige,
Les Editions de l’Observatoire

C’est Pierre Fourniaud (La Manufacture de livres), éditeur lauréat 2018 pour Glaise de Franck Bouysse, qui a passé le témoin à l’auteur québecois Christian Guay-Poliquin.

L’auteur a commencé par remercier son éditeur du Québec, la Peuplade, ainsi que l’Autre Agence, puis a enchaîné : « Ma présence ici est largement due à l’équipe formidable des éditions de l’Observatoire (…) Mais s’il est important que la littérature existe, encore faut-il se questionner : qu’a-t-elle encore à nous raconter, au-delà de ses bonnes histoires ? Je crois sincèrement que la littérature nous parle avec une acuité nécessaire. Il y a encore tant à dire, tant à faire. Bravo à tous les finalistes, merci à vous. »

Christophe Guay-Poliquin, l’équipe des éditions de l’Observatoire et Pierre Fourniaud

Avant de se dire « à l’année prochaine », les libraires, auteurs et éditeurs ont partagé le verre de l’amitié dans une atmosphère particulièrement détendue. Une réussite de plus à l’actif du prix Libr’à Nous.

L’équipe Gallmeister réussit un beau doublé.

A l’année prochaine pour le Prix Libr’à Nous 2020 !
  •  
    65
    Partages
  • 64
  •  
  •  
  • 1
  •  
  •   

Ajouter un commentaire