Les prix littéraires

De l’écologie en littérature, Le Prix du Roman d’Ecologie est né

Ecrit par Anaïs Ballin

Il ne fait nul doute aujourd’hui que l’écologie, qu’elle soit politique, pragmatique, effective ou idéologique est au centre de nos vies, et plus encore au cœur de notre avenir, qu’il soit proche ou plus ou moins lointain (et entre nous soit dit, il ne l’est pas – lointain – cet avenir où il nous faudra, coûte que coûte faire de l’écologie une priorité et plus encore, une nécessité… )

S’il est une chose que la littérature sait faire, et que la littérature fait, depuis toujours c’est probablement le fait de s’approprier les questionnements inhérents au monde, aux sociétés, à l’humain et plus largement encore à l’Humanité. A l’image de cette propension qu’ont les auteurs.trices à saisir les interrogations qu’engendre nos modes de vies, La Fondation d’Ecologie Politique, qui avait déjà créé le Prix de l’Essai d’Ecologie donne naissance en partenariat avec le Master Lettres et Création Littéraire du Havre (ESADHaR) et L’Ecole Nationale Supérieure du Paysage, de Versailles et Marseille, au Prix du Roman d’Ecologie.

Six titres seront en lices pour cette première année : Sirius, de Stéphane Servant (Rouergue), Sauf riverains, d’Emmanuelle Pagano (P.O.L.), Ostwald, de Thomas Flahaut (Editions de l’Olivier), Les liens du sang d’Errol Henrot (la Dilettante), L’invention des corps de Pierre Ducrozet (Actes Sud) et enfin La fonte des glaces de Joël Baqué (P.O.L.).
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Ecologie

Prix du Roman d’Ecologie

Lucile Schmid, présidente de la fondation verte européenne et co-créatrice du prix, nous explique l’intérêt d’un tel prix et l’importance de la littérature pour dire le monde.
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A l’origine de ce prix, vous êtes trois : Laure Limongi, Dalibor Frioux, et vous même, pouvez-vous nous dire d’où vient cette idée ?
L’idée du Prix du roman d’écologie est d’abord venue d’un constat. Le foisonnement d’essais sur l’écologie avec des angles d’approche très divers qui pouvaient renforcer le sentiment de complexité autour de ce sujet : énergie, alimentation, catastrophes naturelles, économie du recyclage… et l’appel de plus en plus fréquent à un grand récit unificateur qui ne débouchait que sur le sentiment de catastrophe.
Il nous a semblé à Laure, Dalibor et moi, que le roman par la liberté qu’il donne à l’écriture et à l’imagination permettrait de sortir d’un horizon assombri par la catastrophe et de rendre plus vivante cette complexité en entremêlant les points de vue. Il y avait aussi le souci de mettre sur le devant de la scène la façon dont l’écologie mêle l’intime, les émotions et ce qui relève de l’organisation sociale, du devenir collectif.

Comment ont été choisi les six romans retenus ?

Les six romans retenus sont des romans francophones parus en 2017. Ce sont principalement des libraires associés à l’initiative qui ont transmis leurs listes de suggestions. Mais les membres du jury ont aussi participé à cet exercice, par leurs lectures, et leurs flâneries en librairie, en bibliothèque, le bouche à oreille.

Au départ c’était une forme de pari. Nous n’étions pas sûrs de ce que nous allions trouver, nous savions que pour nous un roman qui parle d’écologie parlerait aussi d’autres choses, nous savions que nous voulions choisir des romans de grande qualité littéraire. Ce n’était donc pas simple. Mais une chose est certaine, nous avons retrouvé le plaisir d’être lecteur, de nous perdre dans les méandres de tous ces mondes différents.

Il y avait initialement une vingtaine de romans et nous sommes arrivés à 6, La fonte des glaces de Joël Baqué, Sauf riverains d’Emmanuelle Pagano, L’invention des corps de Pierre Ducrozet, Sirius de Stéphane Servant, Les liens du sang d’Errol Henrot et Ostwald de Thomas FlahautCes romans évoquent chacun des thèmes différents : de l’histoire du paysage et de l’eau à la cause animale, en passant par le transhumanisme, la fin du monde, un accident nucléaire…Mais tous les 6 posent la question des liens entre l’humanité et ce qui l’entoure, la  nature, les animaux, l’avenir commun entre la planète et ce que nous sommes.

Pouvez-vous nous dire un mot sur l’importance du partenariat avec le Master de création littéraire du Havre et l’Ecole sup. (…) ?

Ces deux partenariats sont essentiels . Nous les avons voulu pour permettre d’abord à des étudiants volontaires dans les deux institutions de pouvoir découvrir ce qu’était un jury littéraire. Il y a donc 5 étudiants du Master du Havre et 5 étudiants de l’école nationale du paysage qui participent au jury. Nous voulions aussi que le jury reflète par sa diversité les nombreuses manières dont l’écologie est comprise et « pratiquée » aujourd’hui. Les étudiants du Havre travaillent ainsi en ce moment pour identifier des extraits des 6 romans qui illustreront cette écologie romanesque.Et puis les étudiants de l’école du paysage et du Havre abordent chacun cet exercice avec leur sensibilité personnelle propre et un arrière plan de formation différent, ce qui permet déjà des échanges et des références très riches.

Les infos pratiques pour finir : comment aura lieu le vote ? Et la remise du prix ?

Le jury se réunit le 26 mars et si nécessaire juste avant la remise du prix le 10 avril. Nous sommes 26 personnes, étudiants, écrivains, libraires, associatifs ce qui promet des discussions passionnées. Le prix sera remis à la Gaîté lyrique 3 bis rue Papin dans le 3e arrondissement à Paris, le 10 avril à 19 heures, c’est un événement public où nous vous attendons nombreux.

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