Chronique Musique

Shannon Wright, la divine divise

Ecrit par Beachboy

Le titre de l’article pourrait laisser penser que j’émets quelques doutes sur le nouvel album de Shannon Wright, pauvre de moi, non, il s’appelle tout simplement Division et c’est encore et toujours une splendeur, le résultat est au niveau de l’attendu et le fan transi que je suis est encore plus sous le charme de la belle Shannon.

l’œuvre de Shannon Wright ne se donne pas facilement, la floridienne se dévoile peu à peu, sa douceur n’est qu’apparente, un feu brule au plus profond de sa voix et sa musique.

Division est dans la directe lignée de ses albums précédents, sombre et abrasif, lumineux et mystérieux.  A l’instar d’un Over The Sun ou Let The Light In, on entrevoit le soleil, un couteau planté au milieu du cœur, Shannon Wright navigue entre douleurs et combat. Les heureux élus l’ayant croisé sur scène savent de quoi je parle, je n’ai rarement vu quelqu’un d’aussi intense et investi sur les planches.

Ses huit nouvelles chansons semblent se positionner dans sur son versant le plus calme, le piano est omniprésent et prend clairement le pas sur les guitares affûtées comme des épées, quelques synthés ajoutent au sentiment de plénitude assez inhabituel, mais qu’on ne s’y trompe pas, la miss est toujours en colère, l’album est tendu et concis (à peine 33 minutes), aucune fioriture ne traîne. Shannon Wright cherche la note juste, évite l’émotion creuse et facile et s’impose comme une artiste unique et essentielle.

L‘album a été enregistré entre les Etats-Unis, Paris et Rome en compagnie  de David Chalmin, Shannon Wright joue quasiment l’intégralité des instruments présents sur le disque à l’exception de quelques parties de batteries excellemment prises en charge par Raphael Séguinier.

Le passage italien semble être le point d’ancrage de Division, Shannon Wright a en effet passé quelques jours dans les studios des pianistes classiques Marielle et Katia Labèque, à l’invitation de cette dernière, estomaquée par ses prestations scéniques.

Le piano ne pouvait donc qu’être le roi de ces enregistrements et magnifie les splendides The Thirst ou Ligth Us (Drag U Down). Soft Noise le bien nommé est de la même veine, quelques sons lointains, des touches de piano à peine effleurées et une voix poignante, au bord de la rupture, frissons garantis.

Ailleurs, Shannon Wright bidouille ses synthés sur le paradoxal Accidental, capable comme un enfant de passer du rire aux larmes en quelques secondes, Division, le titre éponyme rappelle ses morceaux les plus sombres et fait le pont avec l’incandescent In Film Sound, alors que Seemingly flirte avec l’expérimental dans un univers pas bien loin de Grouper. Iodine finit de nous convaincre que Shannon Wright nous offre encore une fois un superbe disque, puissant, exigeant et au final fascinant.

Courrez donc écouter joyeusement cette Division, c’est chez Vicious Circle que ça se passe depuis le 03 février et bien sûr allez voir Shannon Wright sur scène, elle tournera fin février, courant mars au 4 coins de l’hexagone, moments inoubliables en perspective

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