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Jean-Michel Guesdon et Philippe Margotin, « Led Zeppelin, la totale »

Heinrich Klaffs [CC BY-SA 2.0 (https://creativecommons.org/licenses/by-sa/2.0)], via Wikimedia Commons
Heinrich Klaffs [CC BY-SA 2.0] / Wikimedia Commons
Ecrit par Velda
✨ En cette période de préparatifs des fêtes de fin d’année nous vous proposons, comme l’année dernière, de retrouver nos conseils de cadeaux de Noël ! Et parce que la littérature n’a pas d’âge il sera question ici d’ouvrages de tout temps !
Retrouvez l’ensemble de nos conseils ici    ✨

 

led zeppelin la totale

Ne vous fiez pas au sous-titre : ce n’est pas à une explication de texte studieuse que les auteurs vous convient. En fait, comme c’est le cas pour les autres volumes de la série « La totale« , il s’agit bien plutôt d’un véritable voyage au cœur d’une œuvre et de la vie d’un groupe. Le mode d’emploi idéal : l’intégrale de Led Zep sur la platine, le livre sur les genoux ou sur la table – il est lourd – et c’est parti pour un week-end entier de découverte ou de redécouverte. Le fan de Led Zeppelin trouvera des anecdotes rares, cocasses ou étonnantes; et le lecteur qui n’est pas encore fan pourrait bien le devenir.

Sur plus de 600 pages, Jean-Michel Guesdon et Philippe Margotin, album par album, nous mettent au cœur de la création d’un groupe unique, pour certains le premier groupe de metal (pour d’autres, ce sera Cream, mais Cream aura fait long feu…).

Et l’on s’aperçoit vite que c’est un peu plus compliqué que cela. A cause de la personnalité des protagonistes, pour commencer. 1968 : Jimmy Page, guitar hero, guitariste des Yardbirds, requin de studio occasionnel, musicien de studio, il a joué pour les groupes et les artistes les plus inattendus – des Who aux Stones en passant par Petula Clark, Donovan, David Bowie, et même Françoise Hardy et bien d’autres, fondateur du groupe au lendemain de l’explosion de Cream, recrute le chanteur Robert Plant avec qui il partage les mêmes aspirations et les mêmes goûts : « aussi bien le folk rock psychédélique de Incredible String Band que le blues urbain de Muddy Waters et le rock’n’roll de Chuck Berry« . Les deux approchent ensuite John Bonham, avec qui Robert Plant a déjà joué, puis le bassiste John Paul Jones. Led Zeppelin est né, même s’il ne porte pas encore ce nom, mais celui de New Yardbirds, jusqu’en octobre 1968.

Robert Plant, « frénétique du blues du Black Country », la région des mines, est originaire des Midlands. Fan d’Elvis et des pionniers du blues, il « jamme » avec des pionniers du blues anglais – les futurs musiciens de Fleetwood Mac et de Chicken Schack, fait la première partie du Spencer Davis Group avec son premier groupe et fait, enfin, la rencontre décisive de Jimmy Page.

John Bonham, dit Bonzo, « batteur pyrotechnique » et inoubliable dont la mort prématurée en 1980 sonnera le glas du groupe, rejoint les deux hommes après de multiples expériences avec différents groupes dont celui de Robert Plant, Crawling King Snakes.

Quant à John Paul Jones, il vient d’une famille de musiciens. Quand il rejoint le groupe, il a déjà une solide formation de bassiste et une expérience de musicien de studio. Il a travaillé avec Andrew Loog Oldham, le manager des Stones, et est également arrangeur et directeur musical. C’est lui qui a réalisé l’arrangement de cordes pour le « She’s A Rainbow » des mêmes Stones

Plongée au cœur de l’histoire de Led Zep, le livre est également l’occasion de cheminer dans le paysage complexe et luxuriant de la musique anglaise des années 60 et 70 : rencontres, croisements, recoupements, influences, actions et réactions… Pas une page qui ne nous réserve une surprise et qui ne nous aide à reconstituer, qu’on l’ait connu ou pas, le contexte incroyablement foisonnant de cet âge d’or.

led zeppelin

Bien sûr, le livre tient toutes les promesses de son titre : huit albums studio, albums live, BBC Sessions, DVD… Tout la discographie est passée au crible de l’érudition et de la passion. Pour chaque album, les auteurs racontent le contexte de l’enregistrement, le cheminement de la création, les influences, les instruments, la pochette, expliquant par exemple certaines inspirations ésotériques. Pour chaque morceau, tous les musiciens additionnels sont listés, tout comme l’équipe technique. La date et le lieu d’enregistrement sont précisés, et des encadrés baptisés « à vos écouteurs » soulignent des détails qui auront probablement échappé à l’auditeur distrait : un écho magnétique sur la voix de Robert Plant, une note effacée par accident sur un solo de Jimmy Page, un accord de guitare à côté de la mesure… Les encadrés « Pour les Zeppelin addicts » combleront les fans avec des explications sur la symbolique de certaines illustrations de pochette, des anecdotes de tournée et de concerts. Sans oublier des zooms sur les artistes qui ont compté dans l’histoire du groupe, comme par exemple la merveilleuse Sandy Dennis, chanteuse du groupe folk Fairport Convention morte accidentellement à l’âge de 31 ans et complice artistique de Robert Plant.

En tournant la dernière page de ce livre monument abondamment illustré, on a la sensation d’avoir accompli un véritable voyage dans le temps, et d’avoir pénétré par l’entrée des artistes dans l’univers d’un groupe mythique, un des rares à avoir conservé son aura après toutes ces années : lors de son unique reformation pour un concert hommage à Ahmet Ehrtegun en 2007 à l’Arena de Londres, on dit qu’un million de personnes cherchèrent à se procurer un billet. Il n’y avait que 20 000 places… Et du même coup, on aura trouvé le cadeau de Noël parfait pour le fan de Led Zeppelin et tout amoureux de la musique des années 60 et 70.

Jean-Michel Guesdon et Philippe Margotin, Led Zeppelin la totale
éditions E/P/A Le Chêne

Dans la même série :
Les Beatles
Bob Dylan
Rolling Stones (voir interview de l’auteur ici)
Pink Floyd
Michael Jackson

 

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