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Léonie Pernet, Brute De Flamme

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Léonie Pernet // Photo (c) Chill Okubo
Écrit par French Godgiven

Au milieu des multiples sorties de cette rentrée musicale française, marquée par une forte exposition de l’électro-pop dans toutes ses tendances, de la plus lisse à la plus délurée, il est un disque qui fait littéralement figure d’ovni, tant par ses caractéristiques sonores propres que par la personnalité singulière qu’il révèle.

Ainsi donc, Crave, tout premier album de la très polyvalente Léonie Pernet, proche du (défunt) label électro-dark Kill The DJ qui avait publié son tout premier EP il y a maintenant quatre ans, aussi férue de musique sacrée que fan déclarée du rappeur Kery James, amatrice de rock tendu comme de techno brûlante, dévoile une musique aussi âpre qu’envoûtante, à la fois sombre et accessible, tranchante et accrocheuse, naviguant entre introspection douloureuse et extraversion éclatante, sans jamais rien perdre de sa cohérence globale ni de son éclectisme éclairé.

Léonie Pernet // Photo (c) Chill Okubo

Conçu dans une solitude quasi-autarcique, cet album aussi élégamment référencé qu’incroyablement personnel nous invite à un voyage des sens à la mesure des nombreuses cordes que possède l’arc de sa créatrice : batteuse, pianiste, productrice et chanteuse, Léonie Pernet fait ici feu de tout bois tout en distillant un savoir-faire discret mais réel qui, chez d’autres moins regardants, se réduirait à un étalage vain et crâneur.

Car au-delà de sa subtile diversité de climats et de sa puissance formelle, Crave se détache de la concurrence par un supplément d’âme qui irrigue toute sa charpente, de l’introductif et oppressant African Melancholia, blues déraciné vrillé par une pulsation électronique implacable, à la reprise stupéfiante de retenue et de sensibilité mêlées d’India Song, écrite par l’iconique Marguerite Duras d’après son film du même nom, et interprétée à l’origine par la divine Jeanne Moreau.

Force est d’admettre que ce qui, venant d’autres créateurs moins méticuleux, sombrerait dans une séance d’auto-apitoiement geignard, atteint ici des sommets d’une rare densité émotionnelle, car toute désolée qu’elle puisse être de son propre sort, de l’état du monde et des relations humaines, comme en témoigne son chant éthéré et mélancolique qu’il soit trafiqué ou naturel, Léonie Pernet chevauche en véritable reine un équilibre fragile et fascinant entre la force physique de l’électro-acoustique et la précision chirurgicale de l’électronique (à moins que ce ne soit l’inverse, tant le caractère profondément hybride de son art ne laisse apparaître aucune couture ni frontière palpable).

Qu’elle laisse transpirer une froide lueur d’espoir au travers de l’orgue scintillant qui traverse le glaçant Father, que le final aérien de la chanson-titre atteigne des cimes inattendues, ou qu’un chœur synthétique hante la mélopée presque enfantine du poignant Story, Léonie Pernet ne sacrifie jamais le sel de ses émotions sur l’autel d’une quelconque technicité acrobatique : ici, la forme et le fond restent indissociables, même lorsqu’elle lâche le micro pour deux instrumentaux élégiaques confinant au post-rock le plus hypnotique, sur le tribal Nancy ou le plus lancinant Last Track.

Et lorsque la clarté salvatrice et roborative du groovy Butterfly nous illumine de sa grâce entêtante, que l’obsédante Auaati invite la voix ensorcelante de la chanteuse Hanaa Ouassim pour mieux nous draguer dans les limbes de sa transe enivrante, ou que les guitares saturées glissent sur des cascades d’accords de piano sur le rêche et jouissif Two Of Us, une autre évidence s’offre à nous : davantage qu’une prêtresse gothique aux incantations péremptoires et distantes, Léonie Pernet s’apparente ici davantage à un imprévisible feu follet qui, tout en nous perdant dans des marécages obscurs et mystérieux, nous tiendrait fermement la main pour mieux nous faire découvrir la plus belle des lumières, celle que dégagent des cœurs si grands que même l’immensité de leur rage ne parvient à les étouffer.

« Mais elle était du monde / où les plus belles choses / ont le pire destin », chante-t-elle d’une voix martiale mais poignante sur Rose, mise en musique, à la fois raide et bouleversante, d’une oraison funèbre signée du poète français du XVIème siècle François de Malherbe.

Souhaitons donc à la musique de Léonie Pernet de faire mentir cette formule lapidaire, tandis qu’à l’issue d’une rencontre chaleureuse et passionnante avec l’intéressée, on se dit que la franchise prévenante de l’artiste est à l’image de la beauté délétère de son disque : franchement désarmante.

Léonie Pernet & Friends // Photo (c) Chill Okubo

Tu as passé quatre ans à travailler sur ton album depuis la sortie de ton premier EP en 2014. Est-ce que le fait de savoir qu’il est enfin livré au public après tout ce temps constitue une libération pour toi ?

Léonie Pernet – Tout à fait. Un truc marrant ceci dit, même si j’ai fait cet album quasiment toute seule, c’est que j’ai quand même un entourage qui travaille dessus depuis des mois. Du coup, le passage du « privé » au « public », je ne le réalise pas encore très bien parce que j’en ai déjà beaucoup parlé avec eux et qu’il existe déjà depuis longtemps pour moi. Il y a un décalage temporel qui est un peu curieux, entre la conception et la finalisation de ce disque d’une part, et sa sortie concrète d’autre part.

Au-delà de sa tonalité globalement sombre, on sent que Crave est un disque de contrastes, aussi bien sur un plan émotionnel que musical. Est-ce quelque chose que tu as travaillé consciemment, pour refléter toute la pluralité de tes propres humeurs et de tes propres goûts, de la musique sacrée à l’électro en passant par le rock ?

LP – Un des plus beaux compliments que l’on m’ait fait est venu de la part d’une fille qui ne connaissait pas du tout ce que je faisais et qui, après m’avoir vue en concert, m’a dit « c’est complet ». Ça m’a fait énormément plaisir parce que c’est vraiment ce que j’essaie de faire. Après, on ne peut pas TOUT mettre d’un coup, parce qu’on est toujours amené à changer en tant que personne, sur un plan humain, et parce qu’il y a quand même, derrière tout ça, l’idée de « faire oeuvre », si j’ose dire. Donc oui, il y a du contraste, et je trouve qu’il y a aussi, à travers la noirceur que tu évoques, de la lumière dedans…

Je voulais aussi signifier que je n’ai pas seulement ressenti cette diversité pour l’album dans sa globalité, mais aussi au sein de chaque morceau pris isolément. Je pense notamment à la chanson-titre, avec ce final chanté très étonnant. C’est important de poser des challenges à l’auditeur ?

LP – Plus qu’une volonté de surprendre, c’est une liberté que je m’accorde, tout en restant sincère. Ce morceau aurait très bien pu exister sans cette partie finale, je me suis d’ailleurs posée la question d’en faire une version plus courte. Mais au final, je me suis dit qu’il devait être comme ça. J’adore les ruptures au sein des morceaux, les bascules, changer d’espaces… Ça vient peut-être aussi du fait que j’improvise beaucoup. Du coup, en réaction, j’ai plus tendance à me refréner dans ce sens-là que dans l’autre, à vrai dire : il faut quand même savoir se poser un peu de temps en temps (sourire).

Les deux titres les plus directs de l’album sont aussi les deux plus anciens : Two Of Us est tiré de ton premier maxi et Butterfly est repris de la bande originale que tu avais composée pour le film Bébé Tigre… 

LP (me coupant doucement) – Pour ce qui est de Butterfly c’est une évidence, mais je trouve qu’un morceau comme Crave est assez direct lui aussi. En revanche, en ce qui concerne Two Of Us, tout le monde n’est pas de ton avis. Pour moi, c’est même plutôt le genre de titre qu’on met au milieu d’un album. D’ailleurs, avec le recul, je pense que c’était une erreur d’en faire un single, en tant que morceau-phare de mon premier maxi…

Justement, est-ce que le cadre d’un long format t’autorise à prendre davantage de liberté de ce point de vue-là, à ne pas te restreindre à un format pop ?

LP – Ah oui, complètement ! Tiens d’ailleurs, ça va énerver mon label que je dise ça, mais Butterfly a failli ne pas être sur l’album. Je ne voulais pas trop le mettre en fait, mais j’ai bien fait de le faire quand même. Je me disais qu’il était peut-être trop ceci, trop cela, trop « putassier » même… et puis finalement Arnaud Rebotini et Rebeka Warrior m’ont envoyé un message pour me dire qu’ils aimaient beaucoup ce titre, alors que ce ne sont pas exactement des chantres de la facilité (rires).

J’aime bien le moment où arrive ce morceau sur l’album, un peu comme un mirage : en deuxième position juste après l’ouverture assez anxiogène d’African Melancholia, il fait brièvement croire à plus de légèreté, alors que la suite nous fait retomber dans quelque chose d’encore plus sombre et introspectif…

LP – Oui, c’est vrai qu’à cet endroit-là il brouille un peu les pistes. J’ai un rapport assez conflictuel avec ce titre, parce que je ne suis pas très décomplexée avec la notion d’accessibilité et que je suis dans un univers tellement « indé » par rapport à ce qui m’entoure. Ce qui est drôle c’est que lorsque j’ai fait écouter ce morceau à une fille qui fait pourtant des choses très dures, tendance gabber, sous le nom Sentimental Rave, elle m’a dit qu’elle ne voyait pas le problème : « Mais Léonie, enfin, détends-toi ! Au pire, si les gens ne l’aiment pas, et bien qu’ils ne l’écoutent pas. » (rires) Et la vérité c’est qu’il plaît grave (silence).

Je ne m’interdis rien, en fait. Mais c’est vrai que lorsque je compose un truc qui a un petit potentiel « commercial », même si j’éprouve du plaisir à le faire et que personne ne me l’a commandé, hein, j’ai une voix dans ma tête qui me dit « Non, fuck ! Pas un tube ! » (rires) Non, vraiment, il ne faut rien s’interdire. Et je t’avoue que le fait que ce clip soit sorti, ça m’allège d’un certain poids : ça apporte un peu de fraîcheur à « l’étiquette » Léonie Pernet, ça me fait respirer un peu.

Au-delà des références à la musique sacrée occidentale ou orientale, qu’elles viennent de ton expérience personnelle ou de la contribution de la chanteuse Hanaa Ouassim, on sent une forte dimension spirituelle sur ce disque, y compris sur les plages purement instrumentales. La demande exprimée par le titre de l’album peut-elle s’apparenter à une prière ?

LP – Ce n’est pas volontaire, mais ça fait en effet partie de moi et de ma relation à la musique. Pas qu’à la musique d’ailleurs… (silence) Mais oui, c’est présent. Et puis quand je commence à travailler sur un morceau, ça me met souvent dans un état de transe. Vraiment.

Donc s’il y a une sacralité à chercher, c’est du côté de la musique elle-même…

LP (immédiatement) – Ah non, le sacré ne se limite pas à la musique, mais la musique peut revêtir une dimension sacrée, bien sûr. En fait la dimension spirituelle dont tu parles, elle vient de la profondeur de certains morceaux…

(La coupant à mon tour) Je pense en particulier au titre Father, qui est probablement mon préféré de l’album : on ne sait pas vraiment si tu t’adresses à ton propre père ou à une quelconque puissance supérieure, et j’aime bien cette ambiguïté.

LP (large sourire) – Ça me fait plaisir que tu dises ça, il est deep ce morceau pas vrai ? Très sombre (silence). Chacun a ses mots à lui qui reviennent tout le temps, ou tout du moins souvent, et pour ma part je les élimine quand j’ai fini d’écrire un texte. Mais le mot « father », on l’entend de nombreuses fois dans Butterfly, il est aussi présent dans la chanson-titre de l’album, et effectivement, on peut s’interroger : s’agit-il de Dieu-le-Père, selon la théologie chrétienne tout du moins, ou est-ce le père avec un petit p ? Il parle de beaucoup de choses ce morceau, je trouve que c’est le plus sombre du disque et peut-être un des plus radicaux, quelque part. Pour moi, c’est aussi un mini-manifeste de la musique électronique et… (silence) j’étais vraiment pas bien quand j’ai fait ce titre. J’étais vraiment sur le fil et… je pense que ça s’entend (sourire).

Tu as été batteuse pour l’artiste électro Yuksek, tu as travaillé avec Maud Geffray sur son premier album solo et on t’entendra sur le prochain album de Scratch Massive fin octobre. Est-ce que le fait de travailler avec d’autres t’a aidée à définir ce que tu voulais (ou ne voulais pas) pour ta propre musique ?

LP – Non, car pour moi c’est quelque chose de complètement différent. Mais vu que je travaille beaucoup seule, ça me fait un espace de liberté, donc c’est agréable. Faire le featuring chez Scratch Massive, ça m’a procuré beaucoup de plaisir. Je collabore sur un morceau avec quelqu’un, ou sur un projet, parfois juste en donnant mon avis, quand ça me parle et que je pense pouvoir y apporter un petit quelque chose (sourire).

Ce qui serait en revanche plus délicat pour moi, c’est d’écrire quelque chose pour quelqu’un d’autre… Là je commence à recevoir quelques demandes, et je ne peux pas m’immerger comme ça dans l’univers des autres. Si je fais quoi que ce soit, c’est forcément quelque chose qui m’est très sincère. Et composer pour quelqu’un d’autre, si je fais quelque chose qui sort de mes tripes, ça ne va pas être évident pour moi de le lâcher comme ça. J’ai assez peu expérimenté ça, mais je pense que dans les années à venir, je serai amenée à faire d’autres collaborations de ce genre… Le chantier est ouvert.

On trouve sur l’album des contributions de Chloé Raunet qui a co-écrit le texte d’un titre et d’Ivan Smagghe qui en a arrangé un autre. Est-ce que la bande de (feu le label) Kill The DJ constitue une sorte de famille pour toi ?

LP – Par la force des événements, oui (silence). Quand j’ai commencé à travailler sur l’album, le label existait encore, alors que ce n’est plus le cas aujourd’hui. Depuis, côté artistes, Chloé (Thévenin, ndlr) s’occupe de Lumière Noire et Ivan a Les Disques De La Mort, tandis que Fany (Corral, ndlr) a créé The Post Post et Stéphanie Fichard, qui était son associée, CryBaby, qui sort aujourd’hui mon album, en licence avec InFiné. Pendant la conception de l’album, les choses ont évolué, et donc oui, Ivan Smagghe m’a donné un coup de main et Chloé (Raunet, alias C.A.R., ndlr) aussi. J’aime bien ce qu’elle écrit. Ce sont des personnes vers lesquelles je me suis tournée naturellement, même si on ne se voit pas tous les quinze jours.

Ton album s’achève sur une reprise d’India Song : au-delà de la chanson elle-même, était-ce une façon pour toi de rendre hommage à Marguerite Duras ou à Jeanne Moreau ?

LP – Pour te dire la vérité, c’était un mélange heureux de tout ça à la fois (sourire). Pour ce qui est de Marguerite Duras, je trouvais ça bien de reprendre une figure littéraire à laquelle je suis attachée. Ce qu’il faut dire aussi, c’est que Jeanne Moreau était encore en vie quand j’ai commencé à travailler sur cette reprise. Mais quand elle est décédée, j’ai eu peur que les gens pensent que ma démarche de reprendre cette chanson soit une forme de récupération opportuniste, alors que ce n’était pas du tout le cas. C’était une sorte de figure tutélaire, de femme française très libre… et puis j’ai pris une claque quand j’ai découvert cette chanson, ce grain de voix si particulier.

On me dit souvent que physiquement, je fais plus jeune que mon âge… bon peut-être moins aujourd’hui parce que je prends un peu cher (rires), mais je dis souvent que j’ai une vieille âme, rapport à ma nonchalance disons… apparente. Et je me suis donc sentie proche de cette voix abîmée, cassée, avec beaucoup de vie et d’aventures en elle.

« Chanson, toi qui ne veut rien dire (…) et toi qui me dis tout » : je me suis aussi dit que les paroles de cette chanson décrivaient bien la dimension non explicite de ton disque et lui fournissaient ainsi une conclusion idéale. Le pouvoir de suggestion de la musique est-il quelque chose d’important pour toi ?

LP – Absolument, c’est ce que je trouve de plus délicat et de plus poétique. Au niveau des textes, je n’aime pas les choses assénées. Dans l’album, il y a plein de petites textures de cet ordre, et c’est pour ça que j’ai envie que les gens l’écoutent en entier : si on est sensible à ma musique, il y a plein de petits secrets délivrés dedans et j’ose espérer que les gens les comprendront, même si c’est de l’ordre du détail.

Même sans comprendre, on peut déjà ressentir.

LP – Bien sûr. J’aime bien cette idée de suggestion, au niveau de mes choix de titres comme à celui de mes paroles, qui sont assez énigmatiques et elliptiques. L’anglais permet ça, le français un peu moins, encore que dans India Song c’est absolument le cas. Et pour Rose, c’est très clair : on comprend bien qu’il s’agit d’une jeune fille décédée (silence).

Tu as très clairement exprimé tes préoccupations politiques ou sociétales au travers de tes mixes Pour Tous, Debout ou D’Entre-Deux Tours, et plus récemment, le clip d’African Melancholia suivait le parcours d’un migrant soudanais. Est-ce que ta vision du monde rentre en ligne de compte lorsque tu composes ?

LP – Pas du tout, pas une seconde. J’ai une vision bien moins analytique, je suis vraiment dans un monde sensible quand je compose et… ce n’est vraiment pas au même endroit que ça se passe. Ça peut parfois se rejoindre, mais je ne pense jamais à des choses aussi précises au moment où je compose. Je suis plutôt à la recherche du dénominateur commun de ce qui nous lie. Si on regarde l’état du monde sous un angle politique, on questionne les rapports de domination, donc on se demande « qu’est-ce qui nous divise ? ». Quand je compose, c’est quasiment l’inverse. C’est pas tout à fait au même endroit que ça se place, sinon ça me rendrait malheureuse d’ailleurs, je ne pourrai pas créer. En revanche, quand j’ai besoin de dire quelque chose sur un sujet d’actualité, là je fais un mix : c’est ça mon espace de création purement politique. Cela dit, quand on fait une interview où on parle plus de politique que de musique, pour moi c’est gagné hein (rires).

Dans ce cas je suis vraiment désolé de n’avoir abordé ce sujet qu’en toute fin d’entretien (rires)… 

LP (rires) – Ce que je veux dire c’est que je n’ai pas de problème avec ça : si je peux faire circuler quelques idées, donner quelques références, c’est tant mieux. Et en même temps ça m’amuse, si j’ose dire, de voir à quel point l’engagement est devenu un accessoire de mode, ce qui est extrêmement déplacé. Des gens qui font des choses, il n’y en a vraiment pas beaucoup. Mais il n’y a absolument aucun jugement moral de ma part, on a tous nos vies à gérer, hein.

C’est une question qui revient souvent parce qu’effectivement, je me suis positionnée, aussi bien par mes mixes que sur les réseaux sociaux. C’est une situation qui me convient, mais je trouve qu’en général, il y a un déficit d’engagement de la part des artistes, ou alors ils vont s’exprimer sur des sujets où il n’y a plus le choix, où tu ne peux plus dire que tu es contre les gouines, les pédés et les trans sans passer pour un con, par exemple. Alors qu’il y a d’autres sujets dont on parle moins actuellement et dont j’aimerai parler, comme le racisme. Je trouve qu’il y a vraiment un travail à faire, une prise de conscience à avoir, dans tous nos milieux, y compris ceux qui se disent progressistes, comme la gauche pro-LGBT, qui ne sont pas au clair sur ce sujet. Et ça j’ai envie de le dire.


Crave est disponible depuis le vendredi 21 septembre 2018 en CD, vinyle et digital via le label CryBaby, en licence exclusive pour InFiné Music.

 

Léonie Pernet sera en concert le 28/09 à Tours (Le Temps Machine), le 29/09 à Lausanne** (Suisse, Le Romandie), le 12/10 à Montpellier(Victoire 2), le 17/10 à Paris (MaMA Festival), le 25/10 à Tulle(Des Lendemains Qui Chantent), le 06/11 à Angoulême(La Nef), le 07/11 à Poitiers(Le Confort Moderne), le 08/11 à Massy(Les Primeurs De Massy), le 15/11 à Reims(La Cartonnerie), le 16/11 à Strasbourg(La Laiterie), le 17/11 à Grenoble** (Le Black Lilith), le 23/11 à Lausanne(Suisse, Les Docks), le 28/11 à Brest(La Carène), le 29/11 à Cesson-Sévigné* (Le Carré Sévigné), le 12/12/2018 à Nantes(Stereolux) et le 25/01/2019 à Paris (Gaîté Lyrique).
* = première partie de Jeanne Added,
** = DJ set.

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Un immense merci à Ugo Tanguy (Beau Travail).

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