Littérature Etrangère

Richard Ford, « Rien à déclarer » : l’énergie du désespoir

Retour en grâce d’un des plus grands auteurs américains : Richard Ford nous livre avec Rien à déclarer, un recueil de dix nouvelles en forme de clair-obscur. De Paris, en passant par l’Irlande, le Canada et bien sûr les États-Unis, il nous dépeint le destin d’hommes et de femmes ordinaires à un tournant de leur vie.

Murés, obstinés dans notre conception de la vie, si nous avions été capables de prendre du recul par rapport aux circonstances, nous aurions su qui nous étions et qui nous étions devenus. Ces changements là, on ne les mesure pas facilement dans la période où ils surviennent. « En Transit », Richard Ford.

À l’heure des bilans, la banalité du temps qui passe se présente comme une évidence simple, sans amertume ni regrets. Un homme retrouve un amour de jeunesse, dans la nouvelle éponyme du recueil, une longue balade au creux des souvenirs à ses côtés, un baiser échangé et le retour à la réalité, sans conséquence. Il s’agira de saisir les personnages à un instant T : la mort d’un père, un divorce difficile, des retrouvailles avec des amis de longue date, la nostalgie de la perte de la femme aimée, une aventure sans lendemain… Des moments clés de leur existence dans lesquels ils s’abandonnent, réfléchissent et qui leur permettent d’avancer malgré tout. L’espoir n’est jamais bien loin sous la plume affutée et teintée d’ironie de Richard Ford :

« J’ai dit, il y a longtemps, qu’à mes yeux écrire sur les choses les plus sombres était un acte d’optimisme. Je le pense toujours. Et puis j’aimerais qu’on reconnaisse que je sais imaginer autre chose que des histoires sombres. Dans mes livres, il est essentiellement question de rédemption, de résilience.» Propos recueillis par Bruno Corty pour Le Figaro (06/11/2013).

Tout est dit et il n’y a Rien à déclarer de plus, sauf peut-être se plonger dans ses nouvelles douces amères.


 

Rien à déclarer de Richard Ford

traduit de l’anglais (États-Unis) par Josée Kamoun

Éditions de l’Olivier  – 02 septembre 2021

 

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Image bandeau : Marco Lastella // Unsplash

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