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E=End, franchise sous beats électroniques

Eequalsend
Eequalsend // Photos de Phédia Mazuc
Ecrit par Team Musique

Qui se cache derrière cette intrigante équation ? Le mathématicien du projet EEqualsEnd (traduction E= End) n’est pas un inconnu de notre webzine. Vicent Negre A.K.A Vznt Inc est bien connu des lecteurs qui auront savouré ses chroniques chargées d’enthousiasme vis-à-vis de monuments tels Pj Harvey, Madonna, Marilyn Manson, Kate Bush ou encore The Breeders. Il faut dire que le garçon est du style besogneux et déterminé. Passer de l’écriture pour la glorification de ces illustres artistes à celle d’une musique intérieure nourrie des inspirantes icônes fut donc un cheminement logique. On pourrait alors parler de copinage de ma part mais Catch Kairos You Impostor est un aboutissement soigné, une réussite délivrée de manière si sincère qu’il aurait été fâcheux de m’autocensurer.

Eequalsend

L’album a été enregistré avec le concours de Benoit Guivarch’, Antoine Kerninon (BAAB) ainsi que le compère EDB sans que les neufs pièces de cette prometteuse aventure artistique ne souffre d’une quelconque perte d’appropriation du discours. Les sonorités sont intensément axées sur une synth-pop ultra vivante. En témoigne Mantra dont les gouttelettes artificielles viennent se poser délicatement sur des ingrédients plus épiques (nappes colossales et beats au format XXL). En parallèle, le chant semble fragile et c’est en cela que l’émotion s’envole alors que nous penons en pleine face une authentique bouffée d’air pur.

La pop électronique est le moteur qui permet à la mélancolie de s’installer. Les claviers résonnent, les machines martèlent mais le propos n’oublie pas de manier une implication doublée d’une intelligence des mots. Je note un son plus dur sur Les Oranges de l’Enfance dont la référence (révérence ?) à Depeche Mode se dessine autant dans l’esprit aux limites de l’indus que dans les lignes du texte :

Never let me down
Never let me down again
An orange scent of your childhood
Nostalgia as a refuge

Vicent Negre jongle également avec les langues en accordant au disque une dimension trilingue (anglais, français et espagnol). Je souligne aussi une nette propension à diffuser ici et là des ondes plus envoûtantes. Holding My Breath est l’exemple criant des humeurs suaves qui imposent une danse affective au titre de thérapie salvatrice. La musique et ses vibrations sont ainsi les exutoires d’une profondeur que l’on trouvera à son paroxysme derrières les notes du sublime TwentyFiveMoreYearsOfLife, l’évocation érectile d’une œuvre qui sauve la vie dans ce clin d’œil aux Pixies, la quiétude, une voix lointaine et pourtant si attachante mais surtout le reflet de la beauté sensible de son auteur !

Ivlo Dark

Il y a quelques semaines, Davcom s’est entretenu avec Vicent, tête penseuse et faiseuse de Eequalsend, autour de ce projet qu’il porte depuis plusieurs années et qui arrive enfin à son terme.

A la veille de le voir éclore voici ce qu’il nous en a dit :

Tu t’apprêtes à sortir un premier album. Peux-tu te présenter un peu musicalement ?

Je fais de la musique depuis une quinzaine d’années maintenant. J’ai surtout joué les chansons des autres avec des groupes sans lendemains. Avec la dernière formation en date, nous avons commencé à composer et c’est à partir de là que le groupe a explosé. Nous n’étions pas sur a même longueur d’onde en ce qui concerne la direction à prendre. C’est à partir de là que j’ai commencé à jouer tout seul.

Quelle est ton expérience en tant que musicien ?

A la base je ne suis pas un instrumentiste. J’ai commencé à bidouiller des sons avant d’apprendre à maîtriser un tant soit peu la musique assistée par ordinateur. Je compose les paroles et les mélodies mais je suis incapable de plaquer des accords par-dessus. C’est au hasard d’une rencontre avec Antoine Kerninon, dont j’avais apprécié le travail avec Arman Mélies et Autour De Lucie comme batteur, et de son compère Benoit Guivarch’, que l’idée d’arrangements des titres que j’avais composés est venue sur la table. Le fait qu’ils soient tous deux arrangeurs – producteurs tombait bien évidemment à pic. La collaboration a commencé en 2015, et elle a donné lieu aux neuf titres qui composent cet album.

Je sais que tu as un background très Pop assez varié, qui part de la chanson française et va vers la musique anglo-saxonne. Quelles sont tes véritables influences ?

J’en parle dans ma chanson Mantra, certes de manière un peu cryptée. Je dirais en premier lieu Depeche Mode. Je suis aussi très fan d’Annie Lennox et d’Eurythmics. Des sons très synthétiques. Sinon ça va de Kate Bush à Björk. Pour les choses plus rock, j’aime beaucoup la PJ Harvey du début de carrière. Je suis beaucoup plus attiré par les voix féminines en général. Si j’adore les Pixies, je préfère néanmoins les Breeders, c’est dire. Etienne Daho, Christophe et Alain Bashung font aussi partie de mon Panthéon personnel.

E=EnD, qu’est-ce que ça signifie ?

Je suis attiré par le côté graphique de la lettre E. Je trouvais que le signe égal, avec ses deux barres, s’intégrait très bien avec les E. ça donne de mon point de vue une forme intéressante. Et puis mon vrai prénom c’est Vicent. Je trouve que les sonorités sont très proches l’une de l’autre. Et cette formule mathématique, intrigante, est devenue le slogan qui caractérise ma musique et ma démarche : Energy = Electropop n Drama.

L’album était prévu pour 2017 initialement. Or, il ne sortira que durant le mois de juin, d’ici quelques jours. Que s’est-il passé ?

Administrativement j’ai eu quelques soucis. J’ai dû faire quelques démarches qui ont retardé la sortie qui était prévue pour septembre 2017, notamment en ce qui concerne la sortie physique de l’album. Un premier tirage de 100 CD et de 100 vinyles est d’ailleurs disponible à partir du 1er juin. J’attache beaucoup d’importance à l’objet. J’ai essayé de faire en sorte qu’il soit joli. L’autre raison c’est que je n’étais pas encore prêt pour la scène. J’en ai donc profité pour mettre l’accent là-dessus aussi.

Parle-nous un peu des gens qui ont collaboré sur ce disque.

J’ai un ami, Edouard (qui est aussi un collaborateur apprécié sur Addict-Culture-NDLR) qui a beaucoup compté dans le processus. Il m’a aidé à mettre en forme les squelettes de mes chansons, en apportant quelques accords de guitare notamment. En réarrangeant les mélodies aussi. Lorsque les maquettes furent prêtes, Antoine Kerninon et Benoit Guivarch’ ont retravaillé les chansons, pour leur donner l’ampleur qu’elles ont aujourd’hui, et m’ont fait chanter correctement aussi (rires…).

Es-tu soutenu par une structure ?

Non. Tout est en auto production. Pas de label, pas de distributeur. J’essaie d’élargir mon réseau, néanmoins. Et puis aujourd’hui, pour la transcription en live, je suis accompagné par Le Plan à Ris Orangis, dans le cadre de son dispositif d’accompagnement nommé Factory. J’ai pu bénéficier d’une mise à disposition de locaux pour des répétitions et de résidences sons et lumières, mais aussi d’un coaching scénique dispensé par Benjamin Georjon. C’est d’ailleurs dans ce lieu qu’aura lieu mon premier concert, la release party de mon album.

Que peut-on te souhaiter ?

De trouver mon public…

Eequalsend vous donne rendez-vous le 1er juin à 20h (tous les renseignements ici)

 

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