La promesse Dogrel, la confirmation A Hero’s Death, la bascule Skinty Fia et l’explosion Romance, Fontaines D.C. petit groupe dublinois créé en 2014 avance depuis lors comme un train fou et inarrêtable, en route vers les sommets ou plutôt les stades, tant leur succès est juste devenu phénoménal, comme on a pu s’en rendre compte à la dernière Route Du Rock 2026.
A l’heure de la sortie de Dopamine Chamber, leur cinquième album attendu par certains comme le nouveau Messie, Fontaines D.C. semble toujours aussi serein, certain de maitriser sa destinée, l’air bravache et sur de soi alors que des mauvaises langues commencent à faire la fine bouche et des vilains mots comme Coldplay commencent à fleurir ici ou là.
Les synthés introductifs et la voix trafiquée de Grian Chatten sur l’introductif et hypnotique Six Shot Morning préviennent de suite qu’il ne sera ici plus question du post-punk des débuts. Le quintet irlandais poursuit dans la veine électronique de Romance, allant même plus loin dans la démonstration, portée par la production énorme de l’incontournable James Ford, de retour aux manettes.
La machine à tubes est déjà en marche, Marianne, le premier single est juste imparable, la chant si particulier de Chatten fait ici des merveilles, sur une rythmique incandescente, une seule écoute et tu sais déjà qu’elle va te trotter longtemps dans la tête. Mimesis, avec sa basse énorme et ses airs de synth-pop renvoie au New Order de Republic, comme si Fontaines D.C. s’inscrivait dans la lignée des groupes capables de changer profondément de style au fil des années et des albums sans perdre de leur qualité.
Happy For You hésite entre ballade et rock alternatif, les guitares osent enfin sortir le gros son et annoncent le passage le plus classique de Dopamine Chamber, puisque Demolition porte bien son nom et envoie du lourd, taillé dans granit pour faire bouger les foules dans tous les sens sur toutes les scènes du monde. Voix robotiques, succession de pleins et de déliés, l’étonnant Tongue en est le parfait contrepied, à la limite de l’expérimental, cauchemardesque et drôle à la fois.
Même quand ils essayent d’aller au plus simple comme sur le splendide One Man, ils en ressortent avec un morceau énorme, cordes et chœurs envahissent l’espace, à la fois humain et bigger than life, cela ne pouvait être que quelqu’un de la stature de Rosalia pour venir pousser la chansonnette en duo sur Where Is Gone?. Le plus fort c’est que le morceau est tout simplement merveilleux, leurs deux voix s’unissent parfaitement et nous embarquent quelque part entre Lee Hazlewood et Ennio Morricone.
Dopamine Chamber donne le sentiment de s’améliorer au fil des morceaux, le mélancolique You Miss Me se voit gratifier d’un refrain lumineux et enivrant, Japan est un autre grand moment, très belle pop-song, toute simple en apparence, avant une conclusion new-wave et sombre avec un Intimate mélancolique.
Dopamine Chamber poursuit bien la virage Romance, dans une veine de plus en plus électronique et s’il ne s’appuie pas sur des tubes explosifs comme Starbuster, il fait preuve à la fois de cohérence et de variété, chaque chanson a de la matière pour attirer l’oreille. Fontaines D.C., c’est le PSG de Luis Enrique, certains attendent le faux pas mais au final, c’est eux qui claque la league des champions !

Fontaines D.C. · Dopamine Chamber
XL Recordings – 16 Octobre 2026


