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Le Top Musique 2019 d’Addict-Culture !

Alors que l’année touche à sa fin, les chroniqueurs musicaux d’Addict-Culture vous proposent de découvrir les sélections des disques qui les ont individuellement marqués ces douze derniers mois, ainsi qu’un classement global exprimant tout l’éclectisme d’une équipe passionnée et curieuse. Entre figures connues ou reconnues, découvertes fracassantes ou retours inattendus, 2019 aura souvent été traversée par de plus profondes introspections, y compris de la part d’artistes qui n’en étaient déjà pas avares par le passé. Et si certains disques évoquent la perte de proches, l’angoisse d’un avenir incertain ou la fragilité de l’instant présent, la plupart d’entre eux témoigne d’une flamme et d’une ferveur encore irréductibles, comme si la musique restait, envers et contre tout, le meilleur moyen d’affronter la dureté du monde actuel.

À ce titre, accordons une mention toute particulière au superbe dernier album de La Féline, première artiste féminine ET francophone de notre sélection, qui s’octroie dans notre classement général une belle troisième place, juste derrière les vénérables mastodontes que sont les Tindersticks et Nick Cave & The Bad Seeds. On notera également la présence récurrente du très plébiscité premier disque de Studio Electrophonique, simultanément présent dans les albums et les EPs selon la vision des chroniqueurs concernés.

Car au final, peu importe le format de l’objet pourvu qu’on ait l’ivresse.

Bonne lecture, bonnes découvertes et à l’année prochaine !!!

 

1er

Tindersticks
No Treasure But Hope

12ème

Stephan Eicher
Homeless Songs

ABZ ZUCKERMAN

Il y a des années difficiles pour des tas de raisons, toutes et tout le monde n’a pas le courage ni l’opportunité de prendre de l’héroïne. Heureusement, il reste la musique aux vertus anti-dépressives et anxiolytiques reconnues par la Haute Autorité de Moi-même et voici mes petits adjuvants personnels 2019.

Albums

1. Damien Jurado – In the Shape of a Storm
2. Cate Le Bon – Reward
3. Big Thief – U.F.O.F.
4. Andrew Bird – My Finest Work Yet
5 – Arlt – Soleil enculé
6. Bill Callahan – Shepherd In A Sheepskin Vest
7. Clinic – Wheeltappers and Shunters
8. Deerhunter – Why Hasn’t everything already disappeared ?
9. Fontaines D.C. – Dogrel
10. Sharon Van Etten – Remind Me Tomorrow
11. Trentemoller – Obverse
12. Tindersticks – No Treasure But Hope
13. Swans – Leaving Meaning
14. Ride – This is Not A Safe Place
15. Oh Sees – Face Stabber
16. Mercury Rev – Bobbie Gentry’s The Delta Sweete Revisited
17. James Yorkston – The Route to Harmonium
18. Leonard Cohen – Thanks for the dance
19. Lana Del Rey – Norman Fucking Rockwell!
20. Kim Gordon – No Home Record

BEACHBOY

2019, une année musicale dense et riche, plongeant votre humble serviteur dans le plus grand désarroi à l’heure de faire le bilan de cette année !

Honneur aux dames tout d’abord, en commençant par le génial Titanic Rising de Weyes Blood, mon album n° 1 de 2019, talonné de près par les dernières œuvres de Jessica Pratt et Julia Jacklin, sans oublier Adrianne Lenker, qui, à la tête de Big Thief, réussit 2 formidables disques en l’espace de quelques mois.

Si quelques vieux briscards (Bill Callahan, Tindersticks, Swans, Robert Forster...) ont complété leur discographie avec brio, on saluera surtout le sursaut d’un rock british bien pâlichon ces derniers temps, avec la triplette Drahla, Black Midi et Fontaines D.C. et leurs remarquables premiers essais. Dans un  style beaucoup plus doux, la révélation ultime restera néanmoins le bouleversant Studio Electrophonique et ses chansons venues de nulle part.

Sur une note bien plus triste, je ne pouvais conclure sans citer deux de mes artistes préféré, David Berman et Daniel Johnston, dont la disparition coup sur coup laisse un grand vide dans mon p’tit cœur de rocker…


BOULTAN

Les garçons n’ont rien à dire. Rien de nouveau, en tout cas. Côté rock, l’année sonne un peu creux. Il ne suffit pas de mal chanter pour faire punk (Fontaines D.C.), ni de pousser les potards à 11 pour faire noisy (Girl Band). Sans bonnes compositions, tout cela sonne un peu artificiel, et on en serait presque à espérer un revival brit-pop pour 2020, c’est dire. Côté mou, il est permis d’aimer les récents albums des Tindersticks, de Bill Callahan, de Thom Yorke ou de Nick Cave, du bel ouvrage assurément ; il est plus dur d’y dénicher un élément de surprise ou une réelle ambition. C’est donc, une fois de plus, du côté des filles qu’on se tournera pour s’étourdir un peu. 2019 a vu éclore (Elizabeth, Florist) ou confirmer (Julia Jacklin, Sharon Van Etten) une palanquée de talents sur des disques où la mélodie ciselée le dispute au discours pertinent. Si la filière « seule avec sa guitare et ses tripes cuisinées à l’étouffée » ne tarit pas, on note aussi l’influence croissante de Lana Del Rey qui a décomplexé toute une génération en termes d’arrangements, jetant un pont entre les chambrettes du Midwest et les stades californiens. Difficile, d’ailleurs, de ne pas penser à elle (mais aussi aux Carpenters, aux Kinks et à Kate Bush) en découvrant la luxuriance du Titanic Rising de Weyes Blood, une collection ininterrompue de chansons pop faussement simples et vraiment imparables qui nous mettront du beau au cœur durant les journées de grève et les soirées graves.

Albums

1. Weyes Blood – Titanic Rising
2. Julia Jacklin – Crushing
3. Elizabeth – The Wonderful Wold of Nature
4. Sharon Van Etten – Remind Me Tomorrow
5. Girlpool – What Chaos is Imaginary
6. Studio Electrophonique – Buxton Palace Hotel
7. Lana Del Rey – Norman Fucking Rockwell!
8. Brittany Howard – Jaime
9. Fontaines D.C. – Dogrel
10. Bill Callahan – Sheperd in a Sheepskin Vest
11. Florist – Emily Alone
12. Rosie Carney – Bare
13. Thom Yorke – Anima
14. Tindersticks – No Treasure No Hope
15. Robert Forster – Inferno
16. Ride – This is Not a Safe Place
17. Nick Cave and The Bad Seeds – Ghosteen
18. La Féline – Vie Future
19. Eerie Wanda – Pet Town
20. Cate Le Bon – Reward

CAMILLE

Mon top 20 de l’année est international, éclectique, multicolore. Il commence en français et se termine en français, il représente mes écoutes obsessionnelles des 12 derniers mois. Il peut être doux ou violent, rapide ou ataraxique, gai ou mélancolique. Bref, il est à vous.

 

1. Thomas Monica – Le paradoxe de l’Utah
2. Thom Yorke – Anima
3. Pomme – les failles
4. Charlie Cunningham – Permanent Way
5. La Féline – Vie future
6. O / Olivier Marguerit – A TERRE !
7. Balthazar – Fever
8. Big Thief – U.F.O.F.
9 .Nick Cave & The Bad Seeds – Ghosteen
10. Tiny Ruins – Olympic Girls
11. Andrew Bird – My Finest Work Yet
12. Billie Eilish – When We All Fall Asleep, Where Do We Go?
13. Aldous Harding – Designer
14. Kelsey Lu – Blood
15. Weyes Blood – Titanic Rising
16. Kim Gordon – No Home Record
17. Vampire Weekend – Father of the Bride
18. Mariee Sioux – Grief in Exile
19. Metronomy – Metronomy Forever
20. Keren Ann – Bleue

DAVCOM

Étant donné que, à mon corps défendant bien entendu, je suis l’un des doyens de cette équipe de cinglés, vous ne serez donc pas étonnés que mes préférences pour cette année se soient portées vers des artistes oscillants dans un monde où le folk rock à l’ancienne est plutôt mis à l’honneur. Comme d’hab’ quoi. Parmi les albums qui m’ont le plus marqué cette année, je citerai en vrac The Unseen In Between de Steve Gunn, assez proche artistiquement d’anciens comme Michael Chapman ou John Fahey. Cass McCombs, avec son trop mésestimé Tip Of The Sphere, qui mérite pourtant bien mieux que l’indifférence polie qu’a reçue sa sortie. Devendra Banhart, en mettant beaucoup de pop dans son freak folk, est une des bonnes surprises dans le genre.

Côté retour de vieux camarades, on notera le très bel album de Tindersticks, celui tellement attendu de Bill Callahan ou encore les vétérans de Wilco qui, avec Ode To Joy, reviennent avec leur plus bel album depuis The Whole Love. Damien Jurado revient aux sources d’un folk qu’il avait mis de côté pour des albums un peu plus luxuriants produits par le regretté Richard Swift.

Et la palme de la bonne surprise revient peut être à la deuxième association de Calexico et d’Iron & Wine, car il faut bien admettre que les derniers albums de ces deux entités ronronnaient sauvagement, la palme de l’ennui revenant aux anciens associés de Howe Gelb car, à force d’instiller de la Cumbia dans les Mariachi, avait fini par ne plus séduire grand monde. Les filles ne sont pas en reste cette année, comme vous pouvez le voir chez mes camarades. J’en ai choisi deux : Julia Jacklin et son très beau Crushing, et Aldous Harding avec le réussi Designer. Côté indé, Deerhunter s’est fendu d’un beau travail d’orfèvre, Chris Cohen et sa  pop bancale fonctionne toujours à merveille et la palme de la nouveauté pour moi aura été la sortie du deuxième album d’Olden Yolk, Living Theatre. Rendez-vous l’année prochaine. D’ici-là, portez-vous bien et bonjour chez vous.

Top Eps

1. Studio ElectrophoniqueBuxton Palace Hotel
2. Deerhunter – Timebends
3. Big Thief – Not

DAVID JÉGOU

2019 avait commencé très fort avec des albums de Steve Gunn, Sharon Van Etten ou bien Deerhunter en très grande forme. À tel point qu’ils ont réussi à nous faire accepter une  production et des titres plus consensuels que par le passé. Globalement 2019 a été une année de bonnes surprises. Celle des retours inattendus de l’ex Talk Talk Paul Webb (Rustin Man) et David Berman (Purple Mountains) avec deux albums très personnels à la beauté touchante. Année de découverte également avec l’ovni Studio Electrophonique dont le classieux minimalisme pop en a séduit plus d’un. Enfin, quelques têtes chercheuses ont continué à nous surprendre. Cate Le Bon avec un album risqué dont la beauté se cache derrière l’opacité, les Fat White Family qui se sont presque réinventés en groupe électro-pop teinté de psychédélisme et enfin Angel Olsen avec un disque dense et froid, où synthés et cordes s’entremêlent avec grâce. L’album de l’année, le Michael Kiwanuka, est sans aucun doute le plus intemporel de ce top. On y sent un artiste touché par la grâce, au sommet de son art, incarnant la soul du passé et du futur. Michael Kiwanuka a déjà ouvert des portes pour 2020.

Top Eps

01. Villagers – The Sunday Walkers EP
02. Olivier Rocabois – Ship Of Women/Somewhere In A Nightmare

FRENCH GODGIVEN

Cette fois encore, je n’ai pas la prétention d’estimer que ma sélection ci-dessous représente les « meilleurs » disques de l’année écoulée (si tant est que la formule ait même un sens), mais je peux affirmer sans détour que les albums et EPs qui constituent cette liste m’ont accompagné durant toute cette période. Comme l’année précédente, voire peut-être davantage, beaucoup de productions made in France, notamment dans le domaine des musiques « dites » électroniques : Matthieu Malon a opéré un virage synthétique du plus bel effet, conférant à ses chansons douces-amères un supplément d’âme inattendu, l’explosif duo Kompromat a livré l’un des disques les plus puissants et addictifs de l’année, Anthony Gonzalez a plongé son entité M83 dans un onirisme simultanément fantasque et bouleversant, tandis que le collectif Acid Arab a publié avec l’ébouriffant Jdid une synthèse éclatante des sonorités arabes et moyen-orientales les plus entêtantes et des arrangements techno les plus galvanisants, confirmant avec bonheur tout le bien que je pensais de leur démarche audacieuse et pertinente.

Ailleurs, les vétérans The Young Gods ont asséné avec l’intense Data Mirage Tangram l’une des pièces maîtresses de leur répertoire déjà bien riche, le danois Anders Trentemøller a publié son album le plus sombre et haletant à ce jour, le trop rare Kid Loco est revenu avec un disque aussi brillant qu’inattendu, et le premier long format de la prometteuse Irene Dresel est une vibrante collection de salves électroniques toutes plus ensorcelantes les unes que les autres. Dans d’autres registres, j’ai été particulièrement touché par l’univers intime et futuriste de La Féline, le folk sombre et hypnotique de Don Nino, le rock tendu et rougi par les larmes de Michel Cloup, les constructions savantes et sensibles de Catherine Watine ou encore l’italo-pop accrocheuse et mélancolique d’Alex Rossi, qui signe à cinquante ans passés un disque d’une ferveur impressionnante. Difficile de ne pas avoir une pensée pour les regrettés Rachid Taha, disparu en septembre 2018 mais dont l’album posthume laisse entendre que le sillon de sa musique restera brûlant encore longtemps, et Philippe Zdar, dont le décès brutal a nimbé d’un contexte tragique la sortie du cruellement lumineux Dreems, qui restera probablement dans les annales comme l’album le plus euphorisant du duo Cassius qu’il formait avec son partenaire et ami Hubert Blanc-Francard.

Ainsi va la vie, apportant son lot de joies comme de peines, petites ou grandes, et l’on ne peut que se réjouir de l’existence de la musique pour nous aider à transcender, avec douceur ou fulgurance, notre époque certes pleine de doutes mais également gorgée d’espoir, pour peu que le sens du collectif (re ?)devienne, enfin, une priorité de toute première importance.

Je ne sais pas si on a vraiment le droit d’y croire, mais rêver n’est pas encore illégal.

EPs

1. Zenobia – Zenobia
2. Marie Davidson – Chasing The Light
3. Juana Molina – For Fun
4. Léonie Pernet – The Craving Tape
5. Piers Faccini – Hear My Voice #4

IVLO COLD

Les historiens les plus érudits relatent ce phénomène impressionnant, tel un bruit sourd contre la roche. C’était  en – 2019 avant J.-C, une déflagration provoquant une onde sublime mais terrifiante … Il est vrai que chaque fin de décennie est souvent marquée de troubles, de crises existentielles, de paniques collectives aiguës mais aussi et surtout de découvertes merveilleuses. La musique n’échappe pas à ce postulat, empruntant une ambivalence qui ne parvient pas à trancher entre le sublime et la tristesse, entre la beauté et l’angoisse.

1969 vit rugir The Stooges alors que les aînés continuaient de diluer leur psychédélisme pharaonique dans des mixtures devenues plus fades… 1979 propulsa indubitablement le mythe Joy Division dans les méandres d’une mélancolie dynamique, portant sur le ring un punk totalement tendu et métamorphosé … 1989 ou la consécration The Cure avec son sommet romantique chargé de réverbérations: la fin de la récréation pour les 80’s … 1999: deux frères chimiques exposaient leurs tubes dynamités et plus pop à la face du monde mais c’est un groupe venu d’Islande, Sigur Rós qui calmait toutes les ardeurs avec un trésor de guerre trempé dans l’éther… 2009 dont les pleurs lumineux et emplis de tremolos d’Antony Hegarty ne cessent de nous hanter…

2019, quel bilan ? Chelsea Wolfe a son apogée artistique grâce à un condensé de lyrisme et de noirceur contenue, These New Puritans aussi surdoués que sensibles, Catherine Watine qui cumule en solo et duo pour des compositions poétiques qui nous bouleversent, des « indéboulonnables » inspirés comme jamais (Nick Cave et Jay-Jay Johanson en 1ère ligne) mais ne faisant aucun ombrage à cette relève augurant d’un futur enflammé, même si masquant bien souvent des humeurs sombres et froides.

Dans 2000 ans, je ne sais comment les historiens répondront de ces 365 jours d’une rare intensité. Pour ma part, 2019 fut un millésime des plus fournis.

Top Eps

1. Skøpitone Siskø – Kaleidoskøpe
2. Jay-Jay Johanson – Fever
3. Captain Obvious – Let It Burn
4. Interpol – A Fine Mess
5. Nils Frahm – Encore 2
6. Mata Hari – Building Site
7. Starving Woodchucks – White Fang
8. My Favorite Horses – Funkhauser

JEAN-BAPTISTE

Alors comme ça, les harmonies pop délicates, c’est fini ? L’emportement fougueux du rock, c’est dépassé ? Et bien non, le public a beau se clairsemer, et les cheveux blanchir et se raréfier, les auteurs de beaux disques de dentelle harmonique (Sean O’Hagan, the Pearlfishers), de guitares gentiment saturées (Flying Fish Cove, Possible Humans), de poésie décalée (Bertrand Belin), de rage sombre et énergique (New Model Army) sont toujours au rendez-vous, année après année…. pourvu que ça dure !

01. Bertrand Belin – Persona
02. New Model Army – From Here
03. Robert Forster – Inferno
04. Flying Fish Cove – At Moonset
05. Mero – Hands
06. Tindersticks – No Treasure But Hope
07. Sean O’Hagan – Radum Calls, Radum Calls
08. The Pearlfishers – Love And Other Hopeless Things
09. Vincent Delerm – Panorama
10. Orouni – Partitions
11. Beach Youth – Second
12. Catenary Wires – Til The Morning
13. Possible Humans – Everybody Split
14. Studio Electrophonique – Buxton Palace Hotel
15. Beirut – Gallipoli

JISM

2019 = excellent cru. Non, non, je vous jure, Abz ne m’a pas refilé ses seringues d’héroine, mais je le redis haut et fort : 2019 a déchiré grave. Pas dans tous les domaines certes mais force est de reconnaître que certains ont été exceptionnels. Le metal notamment. À tel point que pour constituer ce top 2019, il a fallu que j’écrème sauvagement (en écartant, par exemple, Teitanblood, Esoteric, Aoratos, Heathe, Mgla, Sühnopfer, Mysbirming, Yeruselem, Waste Of Space Orchestra et d’autres encore, tous auteurs d’excellents albums). Et que dire la production française cette année ? Que ce soit en matière de chanson (barrée pour Arlt, bouleversante pour La Féline, l’élégance pour Belin), de metal (la majesté de Blut Aus Nord, le bloc de de tension pure de Deathspell Omega, le doom habité d’Ataraxie) ou de musique d’ailleurs (l’excellent album posthume de Rachid Taha, Acid Arab, même s’il ne figure pas dans mon top, ou encore la musique martienne de Double Nelson ou G Lolli), les sommets ont été atteints à de très nombreuses reprises. Pour le reste, mis à part le retour de Nick Cave, Bill Callahan et la surprise de dernière minute (Richard Youngs), 2019 aura été plutôt déconcertante : de très bons disques (Weyes Blood, Big Thief, Girl Band, Swans et d’autres encore) mais rien d’extraordinaire, laissant un curieux arrière-goût de demi-teinte au final. Et quitte à enfoncer le clou d’une année parfois plombante, mention spéciale à la faucheuse qui, elle, s’est éclatée comme jamais, nous laissant meurtris et orphelins (Scott Walker, Mark Hollis, Daniel Johnston, Dr John, Rocky Erickson et j’en passe). Bref, pour me consoler,  je m’en retourne à mes valeurs sures : metal, français et french metal. Sur ce, bises et bonnes fêtes de fin d’année, see you next decade.

Top albums

01. Dauþuz – Monvmentvm
02. Blut Aus Nord – Hallucinogen
03. Nick Cave & The Bad Seeds – Ghosteen
04. La Féline – Vie Future
05. Richard Youngs & Raül Refree – All Hands Around The Moment
06. Tomeka Reid Quartet – Old New
07. Deathspell Omega – The Furnaces Of Palingenesia
08. Bertrand Belin – Persona
09. Gaahls Wyrd – GastiR – Ghost Invited
10. Ataraxie – Résignés
11. Jessica Pratt – Quiet Signs
12. Danny Brown – uknowhatimsayin¿
13. King Midas Sound – Solitude
14. G Lolli – Chiaroscuro
15. Rachid Taha – Je Suis Africain
16. Bill Callahan – Shepherd In A Sheepskin Vest
17. Claude Fontaine
18. Double Nelson – Erreur 89450
19. 3776 – Saijiki
20. Oiseaux Tempête – From Somewhere Invisible

LILIE DEL SOL

2019, l’année de la meuf ils disaient ?! Hé bien en prenant un peu de recul sur les 20 albums que je vous présente on peut dire que oui ! Aucun calcul de ma part, juste un constat, les femmes ont pris le pouvoir de ma platine et vous m’en voyez ravie ! Mais cette année est aussi celle de la francophonie en ce qui me concerne. J’ai été totalement subjuguée par le nouvel album de La Féline, dont j’étais certes déjà une inconditionnelle depuis le début mais ce Vie Future est d’une beauté incomparable. Et puis, par le plus grand des hasards j’ai découvert un titre du nouvel album de Stephan Eicher, dont je ne suis pas du tout une inconditionnelle, mis à part ses “tubes” qui nous accompagne tous depuis des années je ne m’étais jamais penchée sur sa discographie. C’était sans compter le sublime Homeless Songs qui est pour moi ce qu’on a fait de plus délicat et de plus bouleversant en chanson française cette année. Et, il y a quelques semaines j’ai posé une oreille curieuse sur l’album de Pomme, Les Failles, pour lequel je n’avais aucune attente ! Ô surprise ! S’y cache une poésie, simple, douce et lumineuse. Et puis le retour gagnant de Baden Baden avec un album totalement addictif, la classe indépassable de Bertrand Belin, la maturité et le retour aux sources de Jeanne Cherhal, la délicatesse de Maud Lübeck et enfin la poésie de Pierre Lapointe.
Mais je n’ai pas passé mon année à écouter des chansons à texte. J’ai été bouleversé par le retour de Nick Cave and The Bad Seeds avec le splendide Ghosteen dont la première écoute, en direct, restera gravée dans ma mémoire tant l’émotion m’a submergée. Et que dire de Thanks for the dance, l’album posthume de Leonard Cohen, le poète n’est plus mais quel cadeau !
Folle addiction à Remind Me Tomorrow de Sharon Van Etten, probablement le disque qui est passé le plus en boucle durant le 1er trimestre de cette année rattrapé ensuite par ceux de Julia Jacklin, Lana Del Rey et Weyes Blood. Un quatuor féminin qui s’est fait la part belle.
Patrick Watson a fait son grand retour avec un disque sombre et lumineux. Le projet Kompromat a vu le jour, un album tel que Traum und Existenz se doit d’être vécu en live, malheureusement impossible pour moi, c’est donc l’album qui aura créé le plus de frustration chez moi mais quel disque !
J’ai aussi découvert Elizabeth et dans un tout autre style le désormais phénomène Billie Eilish qui promet apparemment une tournée dingue pour l’année à venir !
Il en manque, trop… J’aurai pu vous parler de l’album de Vincent Delerm, Marie-Flore, Emily Jane White, Alain Souchon, Sean O’Hagan, Yann Tiersen, Cassius, Michel Kiwanuka, Tindersticks, Keren Ann, Andrew Bird ou encore le magnifique Oh my god de Kevin Morby… aaaah satanés tops de fin d’année ! Faire des choix restera la chose la plus compliquée pour moi mais vivement 2020 qu’on recommence !

Top Albums

1. La Féline – Vie Future
2. Nick Cave & The  Bad Seeds – Ghosteen
3. Leonard Cohen – Thanks for the dance
4. Stephan Eicher – Homeless Songs
5. Sharon Van Etten – Remind Me Tomorrow
6. Julia Jacklin – Crushing
7. Patrick Watson – Wave
8. Lana Del Rey – Norman Fucking Rockwell!
9. Kompromat – Traum und Existenz
10. Weyes Blood – Titanic Rising
11. Pomme – Les Failles
12. Balthazar – Fever
13. Baden Baden – La nuit devant
14. Elizabeth – The Wonderful world of Nature
15. Bertrand Belin – Persona
16. Billie Eilish – When we all fall asleep where do we go ?
17. Jeanne Cherhal – L’an 40
18. Shannon Wright – Providence
19. Maud Lubeck – Divine
20. Pierre Lapointe – Pour déjouer l’ennui

Top Eps

1. Yseult – Noire
2. Léonie Pernet – The Craving Tape
3. Olivier Rocabois – Ship of women/somewhere in A Nightmare
4. Hervé – Mélancolie F.C.
5. Villagers – The Sunday Walkers EP

LLOYD_CF

Je le dis et je le répète, année après année, les tops, c’est pas mon truc. Alors du coup, je pervertis cette horrible demande, je retourne le bousin  dans tous les sens pour fournir quelque chose qui fait sens, et je concocte une petite liste de disques que j’ai trouvés excellentissimes mais peut-être pas les meilleurs du monde, si on en croit tous les bilans qui se ressemblent (enfin, pas forcément ici chez Addict-Culture, mais vous pigez l’idée). Cette année a été rude, très rude, même si musicalement riche, et plutôt sous le signe de l’inactivité. Mais tout ça ne veut pas dire qu’aucune musique n’est passée entre mes oreilles, houlala non. Parce qu’entre mon obsession finalement pas du tout passagère du tout pour les « rebelles » de l’anti-idol japonais (Necronomidol que j’ai enfin pu voir cette année et où j’ai pris une méga-claque esthétique absolument pas négligeable, Broken By The Scream et leur violence même pas émoussée par un deuxième album, le « retour » inattendu à un tel niveau de subversion de BiS via un reboot – oui, ces choses là arrivent, je vous raconterai un jour-), les voix féminines que j’affectionne tant (et on a été gâtés cette année entre l’offensive de l’hemisphère sud menée par Julia Jacklin, Stella Donnelly et les Mermaidens, le retour mielleux à souhait et teintée de nostalgie 80s de Cristina Quesada, la pop rentre dedans de Pixx, la beauté à pleurer de la musique de Laura Stevenson, Rauður ou Kate Davis et l’étrangeté expérimentale quasi hermétique d’une Liyv) et le côté sombre de la musique (ici représenté par Vague Scare, Trentemøller et Born Days) et les autres revival/retours inattendus (DiiV, Chromatics, Divine Comedy, Beangrowers), 2019 aura été, finalement, au delà d’une année pourrie au plan personnel, un bon cru musical.

Top albums

01. Liyv – Apoptotosis
02. Chromatics – Closer to Grey
03. Broken by the Scream – Noisy Night Fever
04. Weyes Blood – Titanic Rising
05. The Divine Comedy – Office Politics
06. Mermaidens – Look Me In The Eye
07. Rauður – Semilunar
08. Laura Stevenson – The Big Freeze
09. Stella Donnelly – Beware Of The Dogs
10. Julia Jacklin – Crushing
11. Better Living Community Center – Better Living Community Center
12. DiiV – Deceiver
13. Kate Davis – Trophy
14. Le Superhomard – Meadow Lane Park
15. Young Gods – Data Mirage Tangram
16. Vague Scare – Dissemblance
17. Cristina Quesada – I think I heard a rumour
18. Pixx – Small Mercies
19. BiS – Brand-New Idol Society
20. Trentemøller – Obverse

Top Eps

01. Necronomidol – Scions of the blasted heath
02. Born Days – Where We Live
03. 代代代 (DaiDaiDai) – くちうつしうつくしい
04. Beangrowers – Dystopia

LOÏC

Souvent Loïc varie. Non, ne voyez aucune coquetterie de ma part pour ainsi m’accaparer cette expression prêtée à François Ier. Je veux dire que par là que mon humeur musicale est souvent en cohérence voire en synchronie avec mon humeur personnelle. Ce que je recherche, je le recherche dans mes assurances, Baden Baden, Patrick Watson, Michel Cloup Duo ou Yann Tiersen sont de cette catégorie. Yann Tiersen, c’est au delà d’un marqueur fort dans ma psyché personnelle, un monde dans un monde où j’aime me réfugier, où j’aime explorer. C’est pourquoi la revisite de ces morceaux, en plus des trois inédits, ne pouvait que trouver grâce à mes oreilles… et mon humeur mélancolique. Ce que je recherche, c’est aussi l’étonnement, étonnement qui commence par la curiosité. Sortir de sa zone de confort, car même si les artistes sont connus et reconnus, je suis à même d’être encore à la découverte. Pour l’avoir vu en concert cette année, je suis tombé en admiration du dandysme pop de Bertrand Belin, comme celui outre-atlantique de Pierre Lapointe. Ce que je recherche, c’est des points musicaux sur mes sentiments, des lignes mélodiques sur mon état, la lourdeur sombre de Chelsea Wolfe, le rock peut être facile mais frontal de Fontaines D.C., la folk voyageuse et délicate d’une Mariee Sioux. Je vous l’ai dit… souvent mon humeur varie et je trouverai toujours une musique pour l’accompagner. En 2019 comme par ailleurs.

1. Yann Tiersen – Portrait
2. Michel Cloup Duo – Danser Danser Danser Sur Les Ruines
3. Patrick Watson – Wave
4. Fontaines D.C. – Dogrel
5. Baden Baden -La nuit devant
6. Stephan Eicher – Homeless Songs
7. Kishi Bashi – Omoiyari
8. Chelsea Wolfe – Birth of Violence
9. Bertrand Belin – Persona
10. Foals – Everything not saved will be lost part 1
11. Pierre Lapointe – Pour déjouer l’ennui
12. Jambinai – ONDA
13. Low Roar – Ross
14. Calexico/Iron & Wine – years to burn
15. La Maison Tellier – Primitifs modernes
16. Metronomy – Metronomy forever
17. Mariee Sioux – Grief in Exile
18. Desert Sessions – Volumes 11 &12
19. Matthieu Malon – Le Pas De Côté
20. Fews – Into Red

MAG CHINASKI

Comme tous les ans, arrive le moment que je redoute le plus, celui des classements de l’année, et je dois reconnaître qu’à chaque fois c’est une véritable épreuve de devoir choisir vingt artistes, d’autant plus quand il faut les hiérarchiser. Comme je l’avais pressenti quelques mois plus tôt, l’année 2019 fut un très grand cru, et à l’heure qu’il est je suis loin d’avoir tout écouté… alors j’ai décidé de mettre en lumière les albums qui ont le plus tourné du côté de chez moi !

Malgré tout, je place sans hésiter dans le haut du panier, le nouvel album de Nick Cave & The Bad Seeds, qui de très loin est celui qui m’a le plus touché, un chef d’œuvre en forme de rédemption lumineuse et divine. Suivi de très près par le Tindersticks, comme frappé par la grâce, le long cheminement d’un groupe qui a fini par se souder sur le chemin de la beauté. Ce qui me frappe en écrivant ces quelques mots, c’est le sentiment de paix intérieure qui émane de tous ces albums, comme, encore une fois, avec celui de Sharon Van Etten, transformation sublime d’une artiste à son sommet.

Difficile de vous parler de chacun d’entre eux, sous peine de m’étendre plus que de raison, mais entre les retours attendus, à juste titre de : Bill Callahan, Jay-Jay Johanson, Wilco, Deerhunter, TOY ; les confirmations lumineuses : Cate Le Bon, Aldous Harding, Jessica Pratt ; les génies de la guitare : Steve Gunn, Mikal Cronin, Doug Tuttle, Nick Waterhouse ; les surprises : comme le sublime projet Phôs de Catherine Watine et Intratextures, merveille en clair-obscur, mon coming out à propos de Lana Del Rey, le diabolique projet L’Épée ; mais aussi les découvertes : Julia Jacklin, Studio Electrophonique… cette année 2019 fut riche en émotions musicales ! 2020 sera-t-elle à la hauteur ? Affaire à suivre… !

1. Nick Cave & The Bad Seeds – Ghosteen
2. Tindersticks – No Treasure But Hope
3. Sharon Van Etten – Remind Me Tomorrow
4. Cate Le Bon – Reward
5. Aldous Harding – Designer
6. Bill Callahan – Sheperd In A Sheepskin Vest
7. Jessica Pratt – Quiet Signs
8. Jay-Jay Johanson – Kings Cross
9. Wilco – Ode To Joy
10. Steve Gunn – The Unseen In Between
11. Deerhunter – Why Hasn’t Everything Already Disappeared
12. Lana Del Rey – Norman Fucking Rockwell!
13. Julia Jacklin – Crushing
14. Nick Waterhouse – Nick Waterhouse
15. Phôs – A l’Oblique
16. Mikal Cronin – Seeker
17. TOY – Happy In The Hollow
18. Studio Electrophonique – Buxton Palace Hotel
19. Doug Tuttle – Dream Road
20. L’Épée – Diabolique

MARIANNE

2019 une année impaire. Une année riche musicalement selon mes collègues d’Addict-Culture, plus en demi-teinte pour moi. Mon top sera donc un top 10, je ferai mieux en 2020 ! L’année aura tout de même bien commencé avec la pop rafraîchissante des canadiens de Tallies. De belles surprises sont venues me chatouiller les oreilles au printemps, notamment ce premier album prometteur de Is Bliss (tendance shoegaze). 2019 aura vu aussi se confirmer (si besoin était) le talent des « anciens », Ride par exemple, qui ne m’a pas déçue avec leur 6° album This Is Not A Safe Place, bien qu’assez différent du précédent (et un peu déroutant). L’air de rien, Inferno, le disque du grand Robert Forster sorti l’hiver dernier aura tourné sur ma platine à toutes les saisons sans que j’aie à m’en plaindre. Les irlandais de Tandem Felix sont très discrets, et pourtant, l’original Rom-Com mérite une oreille attentive. La révélation de l’année nous vient de Sheffield et se nomme James Leesley. Son premier disque sorti sous le nom de Studio Electrophonique (en fait un « ELP ») est sorti in extremis pour figurer certainement en bonne place du top d’Addict Culture (top albums ou top EP donc !). Surprenant à la première écoute et très attachant dès lors que l’on daigne plonger quelques minutes dans son univers. Plus près de chez nous, le nom à retenir cette année est celui d’Olivier Rocabois. Il a sorti un EP particulièrement réjouissant, avec cette envolée Bowiesque Ship Of Women… vivement 2020 que je découvre l’album !

Top Eps

1 Olivier Rocabois – Ship Of Women/Somewhere In A Nightmare
2 Superdrone – The Creation

NINIEPEAUDCHIEN

Je ne céderai pas pour ma part à cette formule facile « 2019 , année de la meuf  » (sic … depuis quand la musique a un sexe) mais à encore une bien plus facile mais beaucoup moins genrée. 2019 aura été musicalement à l’image de ma vie personnelle. L’année du neuf ! Je me suis prodigieusement ennuyée en écoutant ce que j’attendais mais ai connu des plaisirs inédits devant des artistes qui me bousculaient, se bousculaient, avec du poil en haut, en bas ou nulle part. Bref, mes oreilles ont eu besoin d’un bon reset à l’image de ce qui passait dans ma tête et ont retenu ce qui leur semblait exubérant, vivifiant, créatif, osé, violent. La vie quoi,  dans toutes ses dimensions.

Dans ma catégorie « tu chantes pour la plupart du temps en français « , l’album Confessions de Katerine tue le match et n’a pas fini de me questionner. Katerine sait tout faire, tout écrire, tout composer avec cet air de ne toucher à rien, cet art même de tout bousiller . Un génie qui devrait être prescrit par les psys et remboursé par la Sécu. J’ai aussi énormément apprécié, à ma grande surprise, les virages respectifs de Stéphan Eicher, qui continue à faire fi des maisons de disques et a sorti avec Homeless Songs, son album sans doute le plus intime et le plus beau,  ainsi que celui d’Iziainjustement boudé par les critiques mainstream et indie tant Citadelle comporte des titres bien maîtrisés et surprenants. Hervé et son EP, Mélancolie F.C., aura joué les outsiders. J’attends avec impatience la transformation de son essai impeccable avec la sortie d’un album l’année prochaine.

Dans l’autre catégorie, « je chante avec vous en yaourt sous ma douche », j’ai succombé à l’exubérance de Tyler, The Creator flanqué de son double énigmatique IGOR, aux fulgurances de la vivifiante Lizzo et à la créativité sans fin de Lana del Rey qui nous rappelle cette année avec Norman Fuckin Rockwell! qui est la diva. J’ai braillé et pogoté avec Pottery, Sleaford Mods et Fontaines D.C dont le titre Boys In The Better Land est un résumé de tout ce que j’aime : efficace (j’apprends à aller à l’essentiel, l’âge avançant). J’ai chialé aussi, en cachette ou à la place du mort, sur les disques de Kishi Bashi et Patrick Watson. Heureusement que certains vieux briscards ont choisi de ne pas amidonner le col Claudine de leur statut de star de rock indé à l’image du troublant No Home Record de Kim Gordon mais malheureusement ils n’ont été que trop rares.

Voici donc 20 albums qui ont remporté mon adhésion, sans hiérarchisation :
Tyler, The Creator – IGOR
Philippe Katerine – Confessions
Lizzo – Cuz I Love You
Sleaford Mods – Eton Alive
La Poison – La Poison
Izia – Citadelle
Fontaines D.C. – Dogrel
Tindersticks – No Treasure But Hope
Kishi Bashi – Omoiyari
Stephan Eicher – Homeless Songs
Patrick WatsonWave
Big Thief – U.F.O.F.
Lana Del Rey – Norman Fucking Rockwell!
Rachid Taha – Je suis africain
Kim Gordon – No Home Record
Baden Baden – La nuit devant
Aldous Harding – Designer
Kevin Morby – Oh My God
Olden Yolk – Living Theatre
Lambchop : This Is What I Wanted To Tell You
Et 5 EPs qui auront illuminé mon année :
Hervé – Mélancolie F.C.
Pottery – No. 1
BODEGA – Shiny New Model
Jaune – La Promesse
Recorded Home – l’angle du monde

DOTTORE ROCABOSCO

Le chiffre devant chaque nom est un hommage à Perec et ce classement peut-être mentalement modifié à l’envi. Ces vingt-là ont retenu ma fragile attention. Mais la production contemporaine est si foisonnante qu’il est impossible de dresser des listes. Tout le monde fait des « sons » ou des « chansons » , tout dépend de l’âge du locuteur. Un album n’est-il pas une opération à cœur ouvert pour son auteur et aussi parfois pour son auditeur? Ce hit-parade éphémère reflète une fidélité de pop freak (Katerine/Tindersticks/Nick Cave). L’Hexagone est bien représenté (La Féline, Frédéric Lo, Pierre Daven-Keller entre autres) et les jeunes pousses comme James Leesley aka Studio Electrophonique creusent le sillon d’une musique introspective, fine et sensible. Selon les collapsologues qui ne jurent que par la pop urbaine, le rock serait en train de disparaître mais si cette triste hypothèse se vérifiait, un nouveau cratère de Chicxulub verrait le jour, les dévots seraient nombreux et le culte joyeux.

Top albums

1. Philippe Katerine – Confessions
2. Tindersticks – No Treasure But Hope
3. Le Superhomard – Meadow Lane Park
4. Nick Cave & The Bad Seeds – Ghosteen
5. Studio Electrophonique – Buxton Palace Hotel
6. La Féline – Vie Future
7. Bill Callahan – Shepherd In A Sheepskin Vest
8. Matthew Edwards & The Unfortunates – The Birmingham Poets
9. Sean O’hagan – Radum Calls, Radum Calls
10. Richard Hawley – Further
11. Jessica Pratt – Quiet Signs
12. Frederic Lo – Hallelujah!
13. Pierre Daven-Keller – Kino Music
14. Lawrence Arabia – Lawrence Arabia’s Singles Club
15. The Pearlfishers – Love & Other Hopeless Things
16. Orouni – Partitions
17. The Proper Ornaments – Six Lenins
18. Acid Arab – Jdid
19. Laure Briard – Un Peu Plus D’amour S’il Vous Plaît
20. Sebastian – Thirst

POULPY

Pas mal de bonnes choses encore cette année. On ne va pas revenir sur ceux qui ont déjà été évoqués plus haut, mais plutôt parler des autres. Sortons du pop rock pour aller fureter sur les autres continents. Kokoko, en partie congolais, nous a mis une claque avec son mélange de traditionnel et d’électro rock. La musique de Blick Bassy, chez le beau label No format, est toujours aussi belle, surtout quand elle se teinte de politique. Bassekou Kouyate, héritier des griots maliens, a encore fait chanter son étrange guitare pour le bonheur de nos oreilles. La Turquie nous a également enchanté, grâce à Altin Gün qui revisite de façon psyché les grands classiques anatoliens, et grâce à Derya Yidirim, qui propose une musique plus pop et mélancolique. Enfin, on ne savait pas trop quoi attendre du disque posthume de Rachid Taha, grand mal nous en a pris, il est excellent du début à la fin et nous fait regretter la belle tournée qui aurait pu suivre. Côté pop-rock, citons quand même le chouette projet de L’Épée, starring les Limiñanas, Anton Newcombe et Emmanuelle Seigner, pour une fois qu’un super groupe balance un super disque, ne vous en privez pas. Les Young Gods sont toujours aussi bons et toujours aussi créatifs, ça fait plaisir à entendre. Signalons enfin la belle découverte de Kelsey Lu, grâce aux copains d’Addict-Culture, un album assez étrange avec une chanteuse à la voix magique et aux orchestrations lumineuses. À ranger précieusement aux cotés de Aldous Harding ou Sharon Van Etten, qui ont également brillé cette année.

Top albums

1. Kokoko – Kokoko
2. Rachid Taha – Je suis africain
3. L’Epée – Diabolique
4. Blick Bassy – 1958
5. Tindersticks – No Treasure But Hope
6. Altin Gün – Gece
7. The Young Gods – Data mirage tangram
8. Philippe Katerine – Confessions
9. Kelsey Lu – Blood
10. Sharon Van Etten – Remind me tomorrow
11. Benin International Musical – BIM
12. Bertrand Belin – Persona
13. Aldous Harding – Designer
14. Stereo Total – Ah quel cinéma
15. The Black Keys – Let’s Rock
16. Leonard Cohen – Thanks for the dance
17. Derya Yildirim – Kar Yagar
18. Bassekou Kouyate – Miri
19. Palatine – Grand paon de nuit
20. Desert Sessions Vol 11 & 12- Josh Homme


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